Le bilan d’Areva profitera de l’évaluation de la part de Siemens dans Areva NP

Le montant de 1,62 milliard d’euros, valable au 1er trimestre 2009, ne préjuge pas du prix de cession effectif déterminé par un prochain arbitrage
Yves-Marc Le Réour
Photo: Bloomberg
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Au moment où les informations en provenance du Japon accroissent les doutes sur la sécurité du nucléaire civil, Areva se serait sans doute passé de cette mise en lumière supplémentaire. Le premier fabricant mondial de centrales atomiques a en effet annoncé hier que la valeur de la participation de 34% détenue par Siemens dans leur filiale commune de réacteurs Areva NP a été fixée à 1,62 milliard d’euros par un expert indépendant. Ceci représente un écart de 400 millions par rapport à la valeur de cette part dans les comptes du groupe français, qui avait comptabilisé en dette 2 milliards à ce titre.

Selon la procédure prévue par le pacte d’actionnaires, cet expert avait été nommé conjointement afin de permettre à Siemens d’exercer son option de vente dans des conditions équitables. Il faut cependant noter que cette valorisation «représente la valeur au premier trimestre 2009 des actions détenues par Siemens», souligne le communiqué d’Areva. Elle ne peut donc être au mieux qu’indicative par rapport à un transfert de participation qui sera réalisé «d’ici fin 2012 au plus tard», selon les termes du pacte d’actionnaires.

Une majoration ou une réduction à hauteur de 40% pourrait être appliquée par rapport à cette valorisation si la procédure d’arbitrage engagée entre les deux groupes tranche dans ce sens, souligne le groupe allemand, en ajoutant que cette procédure qui devrait aboutir «au printemps 2011» pourrait avoir un impact significatif sur ses profits. Il prévoit ainsi «une contribution positive importante de cette cession» sur ses comptes à fin mars. Quant à Areva, cette évaluation permettra de réduire de 400 millions son endettement net qui s’élevait à 3,7 milliards à fin 2010.

Les analystes de la Société Générale viennent cependant de revoir en baisse de 6% pour 2011 et 11% pour 2012 leurs estimations de BPA pour le groupe français en raison de possibles annulations ou reports de commandes à la suite de la catastrophe de la centrale de Fukushima. Cette révision tient également compte du repli de 10% enregistré depuis une semaine sur le prix spot de l’uranium, ce qui diminue la valorisation appliquée à ses activités minières. Très peu liquide, le certificat d’investissement Areva a chuté de 8,6% à 28,8 euros hier à Paris, tandis que l’action Siemens perdait 0,9% à 89 euros à Francfort.

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