L’Autorité de la concurrence sanctionne quatre acteurs de la distribution chimique
L’amende globale de 79 millions d’euros prononcée hier par l’Autorité de la Concurrence à l’encontre des quatre plus importants acteurs de la distribution de produits chimiques en France «sanctionne une entente ayant débuté fin 1997 pour cesser définitivement en juin 2005». Les produits concernés (solvants, alcools, acides, javel, soude…) étant utilisés dans les secteurs les plus divers, ce cartel a touché dans 34 départements de nombreuses entreprises clientes, allant des grands groupes industriels aux PME, sans oublier certaines collectivités hospitalières.
Le marché de la distribution de commodités chimiques pesait en France environ 500 millions d’euros au début des années 2000. Les entreprises Brenntag, Univar, Solvadis et Caldic Est détenaient plus de 80% de ce marché. Soumis à une réglementation stricte, ces produits nécessitaient un niveau élevé d’investissement. Après avoir entamé une guerre des prix, la filiale française de l’allemand Brenntag, qui contrôlait à elle seule plus de la moitié du marché, a proposé aux autres intervenants une stratégie commune visant à restaurer leurs marges.
Le système mis en place a abouti à un partage de la clientèle doublé d’une coordination tarifaire. «Au-delà des directions régionales, l’implication des directions générales des sociétés concernées a pu être prouvée», précise l’Autorité. L’existence de ce cartel a été révélée en septembre 2006 par Solvadis qui a sollicité le bénéfice de la clémence, échappant ainsi à une amende de 13 millions d’euros, sa maison mère d’alors GEA étant redevable de 9,4 millions.
Une demande similaire a été ensuite rapidement déposée par Brenntag et Univar, qui ont obtenu une diminution respective de 25% et 20% de leur sanction financière. Brenntag et DB Mobility Logistics, sa société mère au moment des faits, devront néanmoins s’acquitter de 57,2 millions, soit 67% du montant global de l’amende, contre 15,1 millions pour Univar et 1,3 million pour Caldic Est. Hors procédure de clémence, le montant global de l’amende aurait atteint 112 millions.
La longueur de l’instruction (42.000 pièces fournies au dossier) tient au fait que les perquisitions effectuées n’ont pas toujours été couronnées de succès et que certaines sociétés ont changé plusieurs fois de propriétaire. Contrôlé jusqu’en 2002 par E.ON, Brenntag a ainsi été successivement cédé à Deutsche Bahn, puis à Bain Capital qui l’a revendu en 2006 au fonds BC Partners.
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