L’augmentation de capital de Peugeot laisse prévoir une importante dilution

Alors que les doutes persistent sur l’accord industriel avec General Motors, les analystes s’attendent à une décote de 20% à 30%
Olivier Pinaud

Le marché a commencé à intégrer hier l’effet de dilution que va entraîner la prochaine augmentation de capital de Peugeot. Le cours a chuté de 3,86% à 14,46 euros. Destinée à financer la mise en œuvre de l’accord industriel conclu avec General Motors, l’opération d’un milliard d’euros aura un impact significatif sur le bénéfice par action du constructeur français, dont les titres se traitaient déjà avant l’annonce de la levée de fonds à un niveau de valorisation faible (moins de 3 fois l’Ebitda).

Les analystes de Natixis retiennent un cours d’émission de 10 euros, soit une décote d’un peu plus de 33% par rapport au cours de 15 euros en vigueur lors de l’annonce de l’accord mercredi soir. Peugeot devrait donc émettre 100 millions d’actions nouvelles, contre 234 millions actuellement en circulation. La valeur du droit préférentiel de souscription s’élèverait à 1,5 euro, soit un cours de référence ex-droit de 13,5 euro, et une décote théorique ex-droit de 26%. Le bénéfice par action serait alors abaissé de 33%. Exane BNP Paribas prend pour sa part une hypothèse de décote initiale de 20%, soit un cours ex-droit de 11,21 euros, ce qui entraînerait une dilution de 16% pour le bénéfice par action 2012 et de 18% pour celui de 2013.

Dans l’attente de l’annonce des modalités exactes de l’augmentation de capital, et sous l’effet des stratégies d’arbitrage via les ventes à découvert, le cours de Peugeot devrait être mécaniquement attiré vers le bas. Les analystes de Natixis rappellent néanmoins qu’une partie de la dilution devrait être compensée par la valeur actualisée des synergies que Peugeot entend dégager de l’accord avec GM, soit 5 euros par action selon eux. Les deux groupes visent 2 milliards de dollars par an, d’ici à 5 ans, de synergies, équitablement réparties.

Cet accord industriel suscite malgré tout de nombreuses interrogations. «L’alliance ne résout pas le principal problème des deux partenaires: le besoin impératif de mettre en place une restructuration profonde en Europe, dans un contexte politique compliqué, afin de s’adapter à la baisse structurelle des parts de marché», explique BoA Merrill Lynch. Moody’s doute aussi. L’agence a abaissé hier la note long terme de la dette de Peugeot de Baa3 à Ba1, en catégorie junk.

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