L’augmentation de capital de Peugeot laisse prévoir une importante dilution
Le marché a commencé à intégrer hier l’effet de dilution que va entraîner la prochaine augmentation de capital de Peugeot. Le cours a chuté de 3,86% à 14,46 euros. Destinée à financer la mise en œuvre de l’accord industriel conclu avec General Motors, l’opération d’un milliard d’euros aura un impact significatif sur le bénéfice par action du constructeur français, dont les titres se traitaient déjà avant l’annonce de la levée de fonds à un niveau de valorisation faible (moins de 3 fois l’Ebitda).
Les analystes de Natixis retiennent un cours d’émission de 10 euros, soit une décote d’un peu plus de 33% par rapport au cours de 15 euros en vigueur lors de l’annonce de l’accord mercredi soir. Peugeot devrait donc émettre 100 millions d’actions nouvelles, contre 234 millions actuellement en circulation. La valeur du droit préférentiel de souscription s’élèverait à 1,5 euro, soit un cours de référence ex-droit de 13,5 euro, et une décote théorique ex-droit de 26%. Le bénéfice par action serait alors abaissé de 33%. Exane BNP Paribas prend pour sa part une hypothèse de décote initiale de 20%, soit un cours ex-droit de 11,21 euros, ce qui entraînerait une dilution de 16% pour le bénéfice par action 2012 et de 18% pour celui de 2013.
Dans l’attente de l’annonce des modalités exactes de l’augmentation de capital, et sous l’effet des stratégies d’arbitrage via les ventes à découvert, le cours de Peugeot devrait être mécaniquement attiré vers le bas. Les analystes de Natixis rappellent néanmoins qu’une partie de la dilution devrait être compensée par la valeur actualisée des synergies que Peugeot entend dégager de l’accord avec GM, soit 5 euros par action selon eux. Les deux groupes visent 2 milliards de dollars par an, d’ici à 5 ans, de synergies, équitablement réparties.
Cet accord industriel suscite malgré tout de nombreuses interrogations. «L’alliance ne résout pas le principal problème des deux partenaires: le besoin impératif de mettre en place une restructuration profonde en Europe, dans un contexte politique compliqué, afin de s’adapter à la baisse structurelle des parts de marché», explique BoA Merrill Lynch. Moody’s doute aussi. L’agence a abaissé hier la note long terme de la dette de Peugeot de Baa3 à Ba1, en catégorie junk.
Plus d'articles du même thème
-
L’obligataire renoue avec un plus haut de deux ans dans le Panel Allocation
Cette classe d’actifs pèse de nouveau 45% dans les portefeuilles, tandis que les actions reculent à 49% et les actifs alternatifs à 4%. -
Fitch abaisse la perspective de la France
Dans une décision surprise intervenue vendredi soir en dehors du calendrier habituel, l'agence de notation indique ne pas croire à une réduction du déficit en 2027. -
Gare au short squeeze
Retrouvez comme chaque semaine l'analyse du marché des changes de DeftHedge.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Fingers crossedLes midterms américaines, des élections cruciales pour les Européens aussi
Les Vingt-Sept tentent d’anticiper les conséquences immédiates des élections américaines pour le Vieux Continent. La prochaine présidentielle est déjà en ligne de mire -
Croissance : la France à contre-courant d’une Europe résiliente
L’économie tricolore décroche quand celles de ses voisines européennes résistent mieux que prévu, portées par un meilleur climat des affaires et des investissements publics hors de portée de la France -
Midterms aux Etats-Unis : les sept Etats qui vont décider du contrôle du Sénat
Pour obtenir la majorité absolue dans la chambre haute, les démocrates doivent s'imposer dans trois Etats, sans en perdre aucun parmi ceux qu'ils contrôlent déjà