L’Asie mène la danse sur les opérations transfrontalières
Un record est en voie d’être battu dans les fusions-acquisitions (M&A): celui des acquisitions transfrontalières effectuées par les groupes asiatiques. Au 9 septembre, les flux dirigés vers l’Amérique et l’Europe s’élevaient à 149,4 milliards de dollars selon Dealogic (voir tableau). Jamais à cette date, le score n’avait été aussi haut et les 151 milliards de l’ensemble de l’année 2007 seront vite dépassés. Ces flux surclassent par ailleurs très nettement ceux qu’a reçus la zone en tant que cible (55,4 milliards).
Bien que les opérations initiées par des japonais aient soutenu les statistiques (environ 25 milliards de dollars), les chiffres bénéficient largement des flux des pays émergents de la zone: Inde et Chine en tête. Rien qu’au premier semestre, Thomson Reuters notait déjà que les opérations transfrontalières des émergents comptaient pour 36,5% du marché contre 22,8% un an plus tôt.
«On observe désormais une décorrélation sur les M&A. Les pays émergents continuent à progresser même lorsque les pays développés faiblissent», ont fait valoir hier des associés du cabinet Skadden lors d’un point presse.
Parmi ces flux sortants d’Asie, les deux tiers ont visé l’Amérique. Ceci dit, peu d’acquéreurs asiatiques figurent au palmarès des plus gros deals d’Amérique du Nord ou même d’Europe. Les grosses acquisitions ont surtout ciblé l’Amérique du Sud. Conscients des réticences politiques que peuvent susciter leurs ambitions internationales, les groupes asiatiques semblent aujourd’hui privilégier dans les pays développés les petites prises de position, quitte à les multiplier. «Jamais les Américains n’auraient laissé un acquéreur asiatique s’inviter dans la bataille sur 3Par», soulignait-on hier chez Skadden.
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