L’arrêt d’un médicament va coûter 445 millions de dollars à AstraZeneca

Le laboratoire met fin au développement du motavizumab. Un nouveau coup dur après le retard pris sur le Brilinta aux Etats-Unis.
Olivier Pinaud

AstraZeneca accumule les revers. Trois jours après avoir indiqué que la Food and Drug Administration (FDA) réclamait des analyses supplémentaires sur les données des études cliniques du Brilinta, le laboratoire pharmaceutique britannique a annoncé l’arrêt du développement d’un médicament expérimental autour du motavizumab. Ces recherches portaient sur l’utilisation de la molécule pour prévenir les problèmes respiratoires chez les enfants provoqués par le virus syncytial et limiter ainsi les hospitalisations. Selon les travaux de la FDA, le motavizumab n’était pas plus efficace qu’un autre médicament déjà vendu par AstraZeneca, le Synagis, et présentait plus de risques d’effets secondaires.

Cette molécule n’était pas considérée comme un «blockbuster» potentiel par les spécialistes, 125.000 enfants étant touchés par ce virus aux Etats-Unis. Mais l’arrêt des recherches va tout de même contraindre AstraZeneca à passer une charge de 445 millions de dollars au quatrième trimestre 2010 soit 16% du résultat d’exploitation attendu par le consensus Bloomberg pour la période. Le groupe précise néanmoins que cette charge sera comptabilisée dans ses activités annexes et que cela ne modifie pas sa prévision de résultat annuel. Hier, le titre AstraZeneca a bien résisté.

L’annonce vendredi du nouveau décalage de l’approbation du Brilinta avait pesé bien plus lourdement puisque le cours d’AstraZeneca avait plongé de 6,72 %. Les investisseurs misent gros sur ce médicament pour le cœur censé concurrencer le Plavix de Sanofi-Aventis et de Bristol-Myers Squib. AstraZeneca compte sur les ventes du Brilinta, déjà autorisé en Europe, pour compenser l’expiration des brevets de ses médicaments les plus vendus, comme le traitement contre les brûlures gastriques Nexium ou encore le Seroquel pour la schizophrénie.

Les analystes estiment que le Brilinta pourrait atteindre un pic de ventes annuelles de plus de 2 milliards de dollars alors que celles du Plavix ont représenté plus de 9,5 milliards de dollars en 2009, ce qui en fait le deuxième médicament le plus vendu au monde. AstraZeneca a déclaré qu’il restait confiant dans le potentiel du Brilinta et sur sa capacité à répondre aux interrogations de la FDA.

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