L’arrêt de ses produits cardiologiques coûtera 600 millions à Johnson & Johnson
Johnson & Johnson remet à plat sa stratégie dans le matériel cardiologique. Le groupe américain a annoncé l’arrêt surprise du développement de ses «stents» (Nevo, Cypher et Cypher Select) afin de se concentrer sur de nouvelles thérapies, plus prometteuses que les solutions reposant sur ces implants vasculaires pour le cœur. Ces produits étaient développés et commercialisés par Cordis, une société acquise par Johnson & Johnson en 1995 pour un montant de 1,8 milliard de dollars au terme d’une OPA hostile. La restructuration entraînera la fermeture de deux usines, l’une en Irlande, l’autre à Porto Rico. 900 à 1.000 postes seront supprimés, indique la société.
Même si le groupe prévoit de donner plus de détails le 19 juillet prochain, lors de la publication de ses résultats trimestriels, Johnson & Johnson a prévenu hier que la restructuration de Cordis lui coûtera 500 à 600 millions de dollars de charges exceptionnelles. Ce montant représente environ 17% du bénéfice net ajusté attendu par le consensus Bloomberg pour le deuxième trimestre. Selon des analystes, la charge annoncée par Johnson & Johnson pourrait contenir des dépréciations d’actifs. Le groupe avait en effet hérité de Nevo lors de l’acquisition en 2007 de Conor Medystems pour un montant de 1,33 milliard de dollars.
A plus long terme, le groupe va se priver d’une source de revenu encore conséquente. Même si les recettes liées à ces produits ont fortement baissé ces dernières années sous l’effet des baisses de prix provoquées par la concurrence, Cypher était encore le stent le plus vendu au monde avec 12% du marché. Lancé en 2003, le produit a généré en 2010 un chiffre d’affaires de 627 millions de dollars. En 2006, au sommet de sa forme, Cypher avait rapporté 2,6 milliards de dollars à Johnson & Johnson. Ce marché, estimé à plus de 4 milliards de dollars, avait suscité une lutte violente entre les différents fabricants, Johnson & Johnson, Boston Scientific ou bien encore Abbott Laboratories se poursuivant tour à tour devant les tribunaux pour violation de brevets.
La décision de Johnson & Johnson a en tout cas profité à ses concurrents hier. L’action de Boston Scientific gagnait ainsi plus de 6% en séance, quand le titre Johnson & Johnson corrigeait d’un peu plus de 1%.
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