L’arbre Nvidia cache la forêt des déconvenues boursières
Nvidia est élu par acclamation. Porté par l’euphorie autour de l’intelligence artificielle, le concepteur de processeurs graphiques vient de détrôner Microsoft du premier rang des entreprises les mieux valorisées en Bourse. Il avait déjà coiffé Apple en début du mois. Du haut de ses 3.333 milliards de dollars de capitalisation, le groupe ne semble jamais devoir connaître les vertiges qui saisissent pourtant un nombre croissant de valeurs boursières.
La concentration des indices actions a déjà fait couler beaucoup d’encre, mais elle s’accroît encore. Les dix premières valeurs aux Etats-Unis représentent désormais 35% de la capitalisation du S&P 500, du jamais-vu dans l’histoire. Pour le trio Nvidia, Microsoft et Apple, la proportion atteint un cinquième de l’indice phare de Wall Street, assez pour déformer la lecture que l’on peut avoir de ses performances. Sur les quatre dernières semaines, jamais le marché boursier américain n’avait autant progressé alors qu’autant d’actions baissaient dans le même temps, soulignent les économistes de la banque Mirabaud. Un autre chiffre illustre la «Nvidia dépendance» : le géant des puces concourt à lui seul pour un tiers de la progression du S&P 500.
Le groupe piloté par Jensen Huang, qui profite des investissements massifs des Big Tech dans l’IA, vaut pourtant moins cher qu’il y a un an au regard de ses perspectives. L’action se paie sur un multiple de bénéfices moins élevé, la croissance exponentielle des profits ayant dépassé celle du cours. Tous ceux qui ont cru surfer sur la vague ne peuvent en dire autant. Cette année, plus de la moitié des entreprises cotées qui composaient le panier des vainqueurs de l’IA, élaboré par les analystes de Citigroup, affichent des baisses.
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