L’approbation en AG du projet de scission de Dia s’annonce serrée pour Carrefour
Si Carrefour recule d’un pas en reportant la cotation de 25% de sa filiale immobilière, la scission de 100% de Dia (hard discount), obtiendra-t-elle l’approbation de ses actionnaires? Ce projet, moins critiqué que celui de Carrefour Property, ne fait pas pour autant l’unanimité. Oddo est toujours «réservé» sur son intérêt stratégique, sachant que «la recovery de Dia est encore loin d’être achevée. Dans ces conditions, quel est l’intérêt pour Carrefour d’en perdre le contrôle? s’interroge le courtier. Une cotation partielle n’aurait-elle pas été plus opportune en permettant de concilier les intérêts de Carrefour et ceux de ses actionnaires?»
Comme l’opération prendra la forme de distribution d’un dividende exceptionnel en titres Dia, Carrefour devra présenter, selon CM-CIC, deux résolutions au vote du 21 juin prochain. La première, de la compétence de l’AGE (majorité des deux tiers) permettrait le paiement d’un dividende en actions autres que Carrefour. La seconde, relevant de l’AGO (majorité simple), autoriserait le versement d’un dividende en actions Dia (1 pour 1 action Carrefour détenue). «Une fois, cette résolution votée, de futures scissions ne relèveront plus que de la compétence de l’assemblée générale ordinaire…», prévient CM-CIC. Reste à attendre la publication des résolutions au Balo du 16 mai.
En attendant, «un vote positif à l’AG n’est pas acquis, anticipe Aurel. Nous pensons que les 66% de votes positifs nécessaires à l’adoption des projets de scission seront difficiles à obtenir.» Dans l’hypothèse d’un quorum de 50%, comme en 2010, il faudrait fédérer au moins un tiers des actionnaires. Blue Capital, avec 20% des droits de vote, devra donc convaincre au moins 13% des autres actionnaires. Or, selon Aurel, les actionnaires historiques, les familles Halley, Badin, Defforey, Fournier, avec 30% des droits de vote, pourraient voter contre et faire échouer l’opération. Hervé Defforey a déjà manifesté son opposition, tout comme Deminor ou Proxinvest, tandis que l’Adam, n’a pas encore pris position. La réunion de Carrefour du 17 mai prochain sur Dia sera déterminante.
«Dans l’hypothèse où le projet ne serait pas adopté, nous pensons que la forte moins-value potentielle du tandem Arnault Blue-Capital, les poussera à chercher à tout prix une autre voie de revalorisation du titre, notamment à travers des cessions d’actifs», conclut Aurel.
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