L’appétit monte autour des participations industrielles de Bankia
Le plan de recapitalisation du système bancaire espagnol comporte encore de multiples inconnues mais il est de plus en plus probable qu’il passe par de nombreuses cessions d’actifs non stratégiques. Alors que l’idée circule depuis quelques semaines déjà, le quotidien El Mundo indiquait hier que Bankia et son holding de tête Banco Financiero y de Ahorros (BFA) pourraient céder rapidement leurs participations cotées à la Bourse de Madrid, à l’exception de celle de 15% au capital de l’assureur Mapfre, jugée stratégique.
Selon le quotidien, Bankia-BFA pourrait retirer 1,6 milliard d’euros de ces cessions d’actifs. En ajoutant les participations non cotées, principalement dans l’immobilier, la rentrée de fonds pourrait monter à 3,9 milliards d’euros. Goldman Sachs aurait été mandaté pour régler ces différents dossiers.
Le bloc au plus fort potentiel est celui de 5,4% détenu par BFA au capital d’Iberdrola, premier producteur d’électricité du pays. Ce dernier capitalise 20,5 milliards d’euros. Une cession à ces niveaux permettrait de récupérer environ 1,1 milliard d’euros. La semaine dernière, Sanchez Galan, le président d’Iberdrola, a reconnu suivre le sujet de près, inquiet du risque de «pression vendeuse» sur la valorisation de la société. Dans leur modèle, les analystes de HSBC appliquent ainsi une décote de 10% pour tenir compte de la possible sortie de BFA ou de ACS, qui détient encore un peu moins de 15% d’Iberdrola.
Malgré un contexte de marché peu favorable, le bloc pourrait trouver facilement preneur. Le Qatar, qui détient déjà 8,45% du capital, serait un acheteur naturel. Tout comme le fonds chinois CIC qui a régulièrement fait part de son intérêt pour les actifs industriels mis en vente en Europe en raison de la crise de la dette souveraine. Iberdrola a également laissé entendre qu’il pourrait racheter lui-même les actions auprès de BFA.
Autre bloc suivi de près, celui d’IAG, le holding qui regroupe British Airways et Iberia. Bankia détient directement 12,05% du capital de la compagnie aérienne. La semaine dernière, Willie Walsh, le directeur général d’IAG, a reconnu s’attendre à une cession dans les prochaines semaines. «Il y a des investisseurs intéressés pour remplacer Bankia», a-t-il assuré, même si la santé actuelle du secteur aérien limite le nombre de repreneurs possibles.
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