L’antitrust américain bloque les ambitions d’Ingenico aux Etats-Unis
«Stratégique» pour le gouvernement français au point de ne pas pouvoir être acheté par un groupe américain, Ingenico ne pourra pas non plus s’implanter, comme il l’espérait, sur le territoire des Etats-Unis. Le service de la concurrence du département de la Justice a opposé son veto au rapprochement entre les deux grands acteurs américains des terminaux de paiement électroniques, VeriFone et Hypercom. Une fusion dans laquelle Ingenico était indirectement impliqué. Pour obtenir l’accord des autorités, Hypercom avait accepté de céder ses actifs américains au groupe français.
«La cession des actifs américains d’Hypercom à Ingenico ne résout pas les conséquences sur la concurrence soulevées par le rapprochement ente VeriFone et Hypercom car la vente des actifs à un autre acteur significatif du marché ne permet pas de créer un nouveau compétiteur indépendant et de long terme», explique dans sa décision le département de la Justice. VeriFone et Hypercom détiennent à eux deux environ 60% du marché américain des terminaux de paiement. Troisième acteur dans le pays, principalement auprès de la grande distribution, Ingenico dispose de parts de marchés nettement plus faibles aux Etats-Unis que partout ailleurs dans le monde. Notamment en raison de son manque d’implantation locale.
S’il dit «prendre acte de la décision», Ingenico se voit fortement contrarié dans ses plans. L’acquisition des actifs d’Hypercom, relativement limitée d’un point de vue financier (54 millions de dollars payés pour un chiffre d’affaires de 61 millions), était cruciale d’un point de vue stratégique. Le Français pouvait ainsi espérer nouer des liens plus étroits avec les independent sales organisations (ISO), les structures locales qui gèrent le déploiement des terminaux de paiement auprès du commerce de proximité et des petits distributeurs américains. Un marché qu’Ingenico, malgré de nombreux efforts internes, n’a jamais réussi à percer avec seulement 5% des ventes aux Etats-Unis.
Cette décision, ainsi que le rejet de la fusion entre ses deux concurrents, sont un double coup dur pour le groupe français. Vendredi, l’action a chuté de 4,17 % à 30,34 euros. Oddo a réduit de 1,5 euro son objectif de cours sur la valeur, à 34,5 euros, pour tenir compte de ces revers.
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