L’AMF se fonde sur des « circonstances » pour accorder sa dérogation à Hermès
Si l’AMF a été rapide à accorder sa dérogation à Hermès, elle a attendu vendredi 20h00 pour dévoiler son argumentaire! Comme L’Agefi l’anticipait, le régulateur s’est appuyé sur des arguments de fait, sur des «circonstances». Par l’exercice de leurs droits de vote, par leur présence majoritaire dans les organes sociaux, les membres du groupe familial demandant la dérogation agissent «ensemble comme un groupe familial de concert» pour la «mise en œuvre de la même politique» et «contrôlent ensemble» Hermès. Aussi, le projet de regrouper une participation majoritaire, provenant principalement des actions déposées dans les caisses de l’associé commandité Emile Hermès SARL «peut s’analyser comme une opération de reclassement entre personnes appartenant à un même groupe», conclut l’AMF.
En préalable, le régulateur reconnaît que la réglementation sur les offres publiques est pleinement applicable aux commandites par actions, et constate que la documentation émanant du sellier mentionne l’absence de contrôle ou de concert. D’ailleurs, «une plus grande précision sur la définition du groupe familial eût été préférable», souligne le gendarme de la Bourse.
Néanmoins, l’existence d’un groupe familial «peut résulter d’autres éléments que les seules déclarations des intéressés», poursuit l’AMF.
D’une part, le groupe familial détient 62,8% du capital et la plupart de ces titres (57,25% du capital d’Hermès) sont déposés dans les caisses Emile Hermès SARL. Un dépôt qui a pratiquement toujours dépassé les 50% du capital depuis l’entrée en Bourse en 1993.
D’autre part, parmi les 52 personnes physiques du groupe familial demandant la dérogation, 25 exercent des fonctions de salariés ou de mandataires sociaux chez Hermès.
Enfin, les membres du groupe familial «votent de manière convergente» en AG et déterminent en fait les décisions prises. De plus, les conditions d’exercice du pouvoir de la famille chez Hermès sont restées «stables dans le temps».
Si l’AMF relève avoir pris connaissance des remarques présentées par des actionnaires minoritaires, elle ne répond pas à l’argumentation de Colette Neuville fondée sur le principe d’égalité de traitement des actionnaires dans le cadre de cette «offre privée d’échange». Mais ce débat devrait bientôt se poursuivre en appel...
Par ailleurs, la dérogation dévoile les noms des membres du groupe familial et des éléments du fonctionnement de la holding.
Plus d'articles du même thème
-
«L’euro-dollar se reprendra avec le comblement du différentiel de taux réels entre les deux zones»
Xavier Chapon, directeur de gestion cotée et dette privée d’Arkéa Asset Management. -
« Les répercussions devraient être plus modérées que celles de la guerre en Ukraine en 2022 »
Michele Morganti, Senior Equity Strategist chez Generali Investments -
«Le positionnement neutre nous permet de naviguer dans l’incertitude actuelle tout en restant exposés à la volatilité»
Findlay Franklin, gérant crédit multi-actifs chez RBC BlueBay
ETF à la Une
Amundi lance son ETP Bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- Tim Cook annonce son départ d’Apple
- La faiblesse congénitale de la finance décentralisée
Contenu de nos partenaires
-
Medhi Bensaid, ministre de la Culture du Maroc : « La Coupe du monde 2030 permettra de montrer le royaume »
Le ministre marocain de la Culture veut s'associer au privé pour développer des infrastructures culturelles. A côté des secteur traditionnels, il met en avant la stratégie marocaine dans le domaine des jeux vidéo -
Tache d'huileTransit de pétrole : la Russie ressort l'arme énergétique contre l'Allemagne
Moscou suspend pour des raisons « techniques » à partir du 1er mai les livraisons par oléoduc du pétrole kazakh destinées à une raffinerie située à 100 km de Berlin. -
To talk or not to talkMaurice Lévy : « Trop de choses me séparent du RN et je ne vois pas pourquoi je devrais voir ses dirigeants »
Alors que les rencontres entre chefs d'entreprise et RN s'accélèrent, Maurice Lévy, président d'honneur de Publicis, estime qu'il revient aux organisations patronales de recevoir les dirigeants RN.