L’AMF invite les proxys à dialoguer avec les sociétés
Alors que la saison des assemblées générales françaises débute, l’Autorité des marchés financiers (AMF) vient de publier ses premières recommandations à l’attention des agences de conseil en vote, les fameux «proxy advisers». Cette publication a surpris, alors que personne ne semble se plaindre, et que d’autres questions paraissent plus urgentes à traiter. Néanmoins, dès septembre 2005, le rapport Mansion sur l’amélioration de l’exercice des droits de vote des actionnaires en France préconisait de clarifier le statut et l’activité des proxys. Un sujet qui faisait également partie du plan stratégique annoncé par Jean-Pierre Jouyet, le président de l’AMF, en juin 2009. La SEC américaine consulte aussi actuellement le marché sur ce même sujet.
L’AMF demande en premier lieu aux agences de conseil en vote de publier sur leur site internet leur politique générale de vote et leur mise à jour, au plus tard en décembre de chaque année. Ces agences devront bien évidemment disposer des compétences et des moyens adaptés à l’analyse des projets de résolution.
Pour un dialogue efficace avec les sociétés cotées, le régulateur recommande au proxy de transmettre son projet de rapport à l’émetteur, qui dispose d’au moins 24 heures pour apporter ses commentaires. A la demande de la société, l’agence de conseil insère dans son rapport adressé aux investisseurs les commentaires de la société, concis et éclairants, sur les recommandations de vote. Le rapport définitif doit être adressé simultanément à l’émetteur et aux investisseurs. Si le proxy ne communique pas son rapport à la société, il doit le préciser et en expliquer les raisons. «Visiblement le lobby patronal reste tout puissant», ironise Pierre-Henri Leroy, président de Proxinvest.
Enfin, l’AMF vise la prévention des conflits d’intérêts. Le régulateur recommande aux proxys de mentionner expressément ses liens d’intérêts avec la société, avec les actionnaires ayant soumis des points ou des résolutions à l’ordre du jour d’une AG, et avec les actionnaires contrôlant directement ou indirectement la société. Un point crucial, alors que les proxys n’hésitent pas à proposer aux sociétés cotées leurs services de conseil en gouvernance.
En revanche, l’AMF ne se prononce pas sur le marché quasi monopolistique, largement dominé par RiskMetrics (ISS), qui notamment conseille l’Association française de gestion (AFG) pour ses recommandations sur les AG du SBF 120.
Plus d'articles du même thème
-
Pour trouver l'exposition des entreprises au pétrole, cherchez leurs émissions de CO2
La flambée du cours de l'or noir ne pénalise pas toutes les entreprises de la même manière. Dans cette tribune, Vincent Auriac, président d'Axylia, suggère de s'intéresser à leurs émissions carbone pour trouver leur dépendance au pétrole. -
«Nous ne voyons pas d’effets de second tour susceptibles de justifier des hausses de taux»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. -
Roundhill met au point un ETF pour protéger les portefeuilles face à l’IA
Le fonds, à gestion passive, réplique l’indice Akros U.S. Heavy Assets Low Obsolescence, sélectionnant 100 sociétés américaines à forts actifs physiques
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Printemps franco-algérienDZ mafia, coopération judiciaire et Christophe Gleizes au programme de la visite de Gérald Darmanin à Alger
Le garde des Sceaux entend « revenir avec des informations et des noms » de profils dangereux du narcotrafic qui se sont mis à l'abri en Algérie -
Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas, a été tué lors d’une frappe israélienne
Samedi 16 mai, Israël a indiqué avoir tué, vendredi, par une frappe ciblée, Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas et l’un des responsables de l'attaque du 7-Octobre -
L’Iran affirme discuter avec des pays européens pour franchir le détroit d’Ormuz
« Des [pays] Européens ont entamé des négociations avec la marine des gardiens de la révolution » pour traverser le passage, a indiqué la télévision d’État iranienne. Les noms des pays concernés n’a pas été précisé et, pour l’heure, aucun pays européen n’a confirmé cette déclaration de Téhéran