L’américain Burger King deviendra canadien après avoir croqué Tim Hortons
Les négociations ont été rapidement bouclées. Moins de deux jours après avoir dévoilé l’existence de discussions entre les deux groupes, Burger King a annoncé hier s’être mis d’accord avec la chaîne de cafétérias canadienne Tim Hortons afin de racheter cette dernière pour environ 11,5 milliards de dollars (8,7 milliards d’euros) en numéraire et en titres. Les actionnaires de la cible «recevront 65,50 dollars canadiens en numéraire et 0,8025 action ordinaire du nouveau groupe pour chaque action apportée», précise le communiqué commun. L’acquéreur a obtenu 12,5 milliards de dollars pour financer l’opération, dont une ligne de crédit de 9,5 milliards fournie par JPMorgan et Wells Fargo qui l’ont conseillé aux cotés de Lazard.
Le fonds 3G Capital, qui contrôle 70% de Burger King, convertira sa participation pour détenir 51% du nouveau groupe. Berkshire Hathaway, société d’investissement de Warren Buffett, s’est engagée à acquérir 3 milliards de dollars d’actions préférentielles mais sans intervenir dans la gestion de l’entreprise. Ce soutien de l’homme d’affaires américain pourrait lui-être reproché dans la mesure où le nouveau groupe a l’intention se domicilier fiscalement au Canada pour bénéficier d’un taux d’impôt sur les sociétés plus favorable et que Warren Buffett avait à d’autres occasions critiqué le recours à un tel montage.
Les deux chaînes de restauration, qui resteront indépendantes, conserveront néanmoins leur siège opérationnel à Miami en Floride pour le groupe américain et à Oakville, près de Toronto, pour l’entreprise canadienne, conseillée par Citigroup et RBC Capital. Alex Behring et Daniel Schwartz, respectivement président exécutif et directeur général de Burger King, occuperont les mêmes fonctions au sein du groupe fusionné, tandis que l’actuel directeur général de Tim Hortons, Marc Caira, deviendra vice-président de l’entité élargie.
Avec un chiffre d’affaires de 23 milliards de dollars en incluant les franchisés, cette entité aura un réseau de plus de 18.000 restaurants répartis dans 100 pays, ce qui en fera le numéro trois mondial de la restauration rapide. «Il existe des possibilités de croissance à l’international», relève Will Slabaugh, analyste chez Stephens à Little Rock. La marque de café Tim Hortons étant très prisée des Canadiens, le géant de la restauration rapide espère étoffer son offre de produits consommés au moment du petit-déjeuner afin de rattraper son retard sur McDonald’s en Amérique du Nord.
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