Lagardère s’oppose à la tenue d’une assemblée générale exceptionnelle
La situation reste sous tension chez Lagardère. Le groupe de médias et de distribution a rejeté la demande de convocation d’une assemblée générale exceptionnelle (AGE) émanant d’Amber Capital et de Vivendi, dans un communiqué diffusé lundi soir : «Il a considéré que les conditions juridiques ne sont pas réunies pour déroger au calendrier social connu de tous les actionnaires. Il a rappelé qu’il est garant de l’intérêt social du groupe, de son indépendance et de son intégrité. À ce titre, il doit le préserver dans un contexte particulier, où l’un des actionnaires ayant fait la demande est en concurrence directe avec Lagardère Publishing».
Le 20 août dernier, Amber Capital - qui a 20% des parts - avait demandé à Lagardère par courrier la convocation d’une AG «dans les meilleurs délais» afin d’obtenir des sièges au conseil de surveillance. Faute de quoi, il menaçait d’employer la voie judiciaire. Le fonds activiste répliquait ainsi à l’annonce de la prolongation-surprise du mandat de gérant d’Arnaud Lagardère. Après avoir conclu un pacte d’actionnaires en août, Amber et Vivendi avaient indiqué qu’ils entendaient obtenir des représentants au sein du conseil de surveillance de Lagardère, à savoir trois membres pour Amber et un pour Vivendi.
Onze jours après réception de cette missive, Lagardère y met donc son veto. Mais il indique que «le conseil de surveillance a décidé d’ouvrir un dialogue actionnarial constructif et apaisé». En outre, il annonce avoir coopté Valérie Bernis, qui intégrera le conseil de surveillance, en remplacement d’Aline Sylla-Walbaum. Ancienne directrice générale adjointe chez Engie jusque 2016, Valérie Bernis est aussi notamment administratrice et présidente du comité RSE d’Atos.
Par volonté d’«apaisement», Lagardère précise que son comité des nominations, des rémunérations et de la RSE «s’est saisi» de la candidature de Virginie Banet, présentée pour remplacer Yves Guillemot, cofondateur d’Ubisoft. Il l’examinera «notamment au regard de son indépendance et des critères rappelés dans le document d’enregistrement universel 2019». Il répond là aux demandes de son premier actionnaire, le groupe Vivendi (23,5% des parts) – qui lui avait proposé cette candidate pour remplacer Gilles Petit. Virginie Banet a fait une grande partie de sa carrière dans la banque d’affaires (Nomura, Deutsche Bank, Natixis), mais elle connaît bien Lagardère pour avoir été directrice des relations investisseurs du groupe de 2008 à 2010, selon son profil LinkedIn.
Mardi matin, Amber et Vivendi ont annoncé leur intention de saisir le tribunal de commerce de Paris pour faire valoir leurs droits.
Plus d'articles du même thème
-
M6 retrouve la fréquence du succès et ravive les espoirs des investisseurs
Tiré par l'effet Coupe du monde de football, le groupe audiovisuel a signé son "meilleur trimestre historique" sur les cibles commerciales et son "meilleur trimestre depuis 25 ans sur l'ensemble du public". De quoi susciter un regard neuf des investisseurs. D'autant que les braises spéculatives sur son contrôle ne sont pas totalement éteintes. -
Universal Music Group remonte le son en Bourse et donne le tempo à Vivendi
Porté par une bonne dynamique d'abonnement et des hausses tarifaires, le géant de la musique efface en partie ses pertes boursières estivales et redonne des couleurs à Vivendi, son principal actionnaire avec Vincent Bolloré. -
Bouygues déprécie la valeur de TF1 dans ses comptes de 569 millions d'euros
La valeur du groupe de télévision retenue par le géant du BTP est ramenée à 2 milliards d'euros après les mauvais chiffres enregistrés par TF1 au troisième trimestre.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre -
Etats-Unis : Pete Hegseth dans l’œil du cyclone après la déroute républicaine aux midterms
Artisan de la guerre en Iran, qui a lourdement pesé dans la déroute républicaine aux élections de mi-mandat, Pete Hegseth pourrait faire l’objet d’un vote de mise en accusation dès la semaine prochaine. Donald Trump assure vouloir conserver son chef du Pentagone, mais s’interrogerait en coulisses sur l’opportunité de le remplacer -
Colère sociale : une nouvelle journée de mobilisation s'ouvre dans un contexte budgétaire tendu
Syndicats, organisations de jeunesse et gilets jaunes appellent à manifester ce samedi 7 novembre contre la vie chère, pour le quatrième week-end consécutif. Une nouvelle journée redoutée par les commerçants, à deux jours d’une conférence sociale que le gouvernement aborde sans budget voté