Amber demande trois sièges au conseil de surveillance de Lagardère
Amber Capital réplique. Trois jours après la prolongation-surprise du mandat de gérant d’Arnaud Lagardère, le fonds activiste lui a envoyé, jeudi matin, un courrier. Il y demande la convocation d’une assemblée générale, avec publication d’un avis de réunion, «dans les 15 jours ouvrés», puis l’organisation d’une assemblée générale «dans les 50 jours» suivants (fin octobre). Il menace s’il n’obtient pas satisfaction de demander celle-ci en justice.
Cette lettre, consultée par L’Agefi, comporte six projets de résolutions, par lesquelles Amber demande une «recomposition partielle» du conseil de surveillance du groupe d'édition, de médias et de boutiques d’aéroport. Selon Amber, deuxième actionnaire du groupe Lagardère, avec 20% du capital, derrière Vivendi (qui détient 23,5% du capital), cette demande «s’inscrit dans le prolongement de la conclusion d’un pacte d’actionnaires entre Amber Capital et Vivendi» le 11 août. Les deux actionnaires avaient dit qu’ils comptaient être représentés au sein du conseil de surveillance de Lagardère, avec trois membres pour Amber et un pour Vivendi.
Mais c’est aussi une réplique à l’annonce-surprise par Lagardère, lundi, de la prolongation anticipée du mandat de gérant en commandite d’Arnaud Lagardère dans le cadre d’une nouvelle «feuille de route stratégique». Son mandat, prolongé de quatre ans, devait expirer en mars 2021. Simples actionnaires d’une société au statut atypique de commandite par actions (SCA), contrôlée par l’associé-commandité Arnaud Lagardère avec seulement 7% des parts, Amber et Vivendi savent qu’ils n’auront pas la main sur la gouvernance de l’entreprise.
Amber propose donc de révoquer trois membres du conseil : l’ancien président du directoire de la SNCF, Guillaume Pepy, l’actuel président du conseil, Patrick Valroff, ainsi que le cofondateur d’Ubisoft, Yves Guillemot. La demande de révocation de Guillaume Pépy par Amber est en soi une surprise : le groupe activiste avait voté en sa faveur lors de l’AG du 5 mai. Mais «en votant le renouvellement du mandat d’Arnaud Lagardère [lundi 17 août] sans même évaluer son bilan, il a trahi la confiance des actionnaires», précise Olivier Fortesa, managing partner d’Amber, cité par Le Figaro.
Pour remplacer ces trois membres, preuve qu’Amber durcit ses positions, il propose pour candidats rien de moins que deux de ses dirigeants : son fondateur, Joseph Oughourlian, fondateur du fonds, et Olivier Fortesa, ainsi qu’une candidate indépendante, Valérie Ohannessian, présidente de la société Phémia Conseil.
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