Lagardère lance un avertissement sur ses résultats 2011
Déjà fortes, les critiques à l’égard de la stratégie de Lagardère risquent encore de monter en puissance. Le groupe a revu en baisse ses prévisions de résultats pour 2011. L’«ajustement» est de taille. Alors qu’il attendait auparavant une hausse de 10% de son résultat opérationnel dans son activité médias, il prévoit désormais une chute annuelle de l’ordre de 5% à 7% à change constant.
Début juin, le groupe avait prévenu que la vente des magazines à l’international aurait un effet négatif mécanique sur l’objectif. Mais elle n’explique pas tout. En l’absence de cette cession, le résultat opérationnel «aurait connu une croissance légèrement positive». Le consensus d’analystes tablait d’ailleurs sur une légère amélioration du résultat opérationnel cette année.
L’avertissement provient de la division édition (publishing), dont le résultat opérationnel a chuté de 29,6% au premier semestre à 168 millions d’euros, en raison de l’érosion des ventes du best-seller de Stephenie Meyer (série Twilight). Les difficultés de la branche sports (unlimited), dont le résultat opérationnel du semestre a été divisé par deux à 4 millions, expliquent l’autre partie du décalage. Le groupe évoque des éléments non récurrents mais reconnaît aussi «des performances commerciales moins bonnes qu’attendu pour IEC in Sports (International Events and Communication)». Plusieurs changements dans l’équipe de direction de la division de droits sportifs ont eu lieu au premier semestre.
Alors que l’action a perdu 22% depuis le début de l’année, l’avertissement risque de peser un peu plus sur le cours de Bourse aujourd’hui. Toutefois, en soutien, la direction de Lagardère a indiqué hier soir qu’un plan de rachats d’actions «était définitivement une option». Avant l’avertissement, le groupe était valorisé environ 4 fois son résultat opérationnel estimé pour 2011. Et le cours de 23,8 euros présentait une décote de l’ordre de 35% par rapport à l’actif net réévalué.
Enfin, la perspective des cessions à venir des participations dans EADS et dans Canal+ France fait miroiter une distribution exceptionnelle. Mais la sortie du fabricant d’avions ne se fera pas avant que le calendrier sur la commercialisation de l’A350 ne soit clarifié. Quant à la vente des 20% dans Canal+ France, elle risque d'être plus longue que prévu. L’introduction en Bourse est inenvisageable dans le marché actuel et Vivendi, qui détient les 80% restants, a dit hier qu’un achat n’est pas à l’ordre du jour.
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