L’affaiblissement du dollar n’empêche pas EADS de maintenir son cap
EADS ne se laisse pas distraire par la faiblesse du dollar par rapport à l’euro. La perte nette de 12 millions d’euros encaissée au premier trimestre, contre un bénéfice de 103 millions un an plus tôt, s’explique essentiellement par la forte dégradation des frais financiers de 150 millions, liée à la réévaluation négative des actifs en dollars ou livres et du changement de la valeur temps des options.
Le résultat courant avant éléments non-récurrents ajusté s’est envolé à 230 millions d’euros, soit une marge opérationnelle de 2,3% contre 1,7% au premier trimestre 2010. Un niveau bien supérieur aux 105 millions anticipés par le consensus, grâce notamment au doublement du résultat d’Airbus à 160 millions d’euros. «L’effet devise défavorable (110 millions) et l’augmentation de la R&D (85 millions) ont été plus que compensés par un effet mix, un effet prix net positif et un échelonnement favorable des coûts non liés à la fabrication», précise Oddo.
Le chiffre d’affaires a progressé de 10% à 9,9 milliards d’euros sur le trimestre, tiré par une progression de 12% des ventes d’Airbus à 7 milliards, par un bond de 27% de celles d’Astrium à 1,2 milliard. CM-CIC souligne la «bonne résistance» d’Eurocopter dont l’activité progresse de 3% à 823 millions, avec la signature de 68 commandes lors du salon HeliExpo à Orlando. En revanche, Cassidian commence à subir les effets des restrictions budgétaires dans la défense avec une érosion de son chiffre d’affaires de 5% à 878 millions d’euros.
Le carnet de commandes, à 422 milliards dont 375 milliards pour Airbus, «reste très élevé, ce qui permet de maintenir un niveau de visibilité appréciable», estime CM-CIC. D’ailleurs, EADS a confirmé ses objectifs sur l’année: un chiffre d’affaires supérieur à celui de 2010 (45,8 milliards) et un Ebit stable à 1,3 milliard d’euros avant une forte progression en 2012. Pour soutenir ces objectifs, Airbus a envisagé une nouvelle augmentation de ses cadences de production d’A320. Oddo estime que «l’ajout de 4 appareils par mois apporterait en année pleine environ 300 millions d’euros d’Ebit supplémentaires».
Le groupe bénéficie d’un net redressement de son cash flow disponible à 309 millions (contre -1,12 milliard un an plus tôt) grâce à la progression des avances clients. La trésorerie nette atteint 12,2 milliards, un matelas qui pourrait servir à de nouvelles acquisitions après celle de Vector Aerospace.
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