L’Afer baisse le taux de son fonds en euros à 1,70%
C’est toujours un moment-clé pour les adhérents de l’Association française d’épargne et de retraire (Afer) et pour les professionnels du patrimoine. Gérard Bekerman, président de l’Afer, vient de divulguer le rendement du fonds d’assurance vie garanti en euros pour l’année : 1,70%, net de frais de gestion et avant prélèvements sociaux et fiscaux. Le contrat d’assurance vie de l’Afer avait passé l’an dernier le plancher psychologique des 2%, pour l’abaisser à 1,85%. L’autre association comparable, Gaipare, a annoncé lundi une rémunération de 1,90%.
Cette année, l’intervention de Gérard Bekerman était très attendue pour une autre raison : Aviva France, le partenaire historique de l’Afer, qui confie à Aviva Investors la gestion de son fonds euros, pourrait être cédé. L’intersyndicale de l’assureur s’est mobilisée dès la fin août - lorsque le groupe britannique Aviva a indiqué explorer toutes les options pour sa branche française - et a encore communiqué mardi pour préserver l’emploi, que le repreneur soit Macif, Generali, Eurazeo, le tandem Athora-Allianz ou un autre.
Aviva «explore différentes options pour Aviva France et aucune décision n’a été prise à ce stade, a indiqué l’assureur britannique un peu plus tard mercredi dans un communiqué. Aviva est bien consciente de ses responsabilités envers l’ensemble des parties prenantes d’Aviva France. Si une consultation s’avère nécessaire, Aviva consultera activement toutes les parties prenantes, y compris l’Afer et les instances représentatives du personnel concernées.»
«Que le meilleur gagne»
L’Afer a un droit de regard inscrit à son contrat, et pèse surtout 60 milliards d’euros sous gestion, en cas de vente d’Aviva France. « Certains nous ont présenté comme l’arbitre de cette opération. C’est un peu excessif. L’Afer exercera simplement son droit de sollicitation afin de vérifier que l’intérêt de ses adhérents soit préservé. Nous répondrons équitablement à toutes les sollicitations. Que le meilleur gagne ! », a déclaré Gérard Bekerman ce midi lors de la conférence de l’Afer.
L’association avait donné le ton le 12 août, communiquant sa volonté de rester «une association libre et indépendante». Nul doute que, dans le mois, Gérard Bekerman a fait part de ses exigences pour défendre ses 756.620 adhérents - au dernier comptage, avec 13.500 nouveaux dont l’âge moyen est de 41 ans, abaissant de 61 à 58 ans l’âge moyen des adhérents. Au moins, dans son meilleur allemand à Allianz si l’assureur envisageait de reprendre Aviva France pour sa propre branche française, avec lefonds Athora intéressé par les contrats d’épargne. Ensuite, laissant passer l’agitation des uns et des autres, il a pu répondre à d’autres sollicitations et échanger avec tous ceux qui comptent dans ce dossier.
Révolution de l’assurance vie ?
L’Afer n’a pas de droit de veto. Mais son président a un sens politique aiguisé. «Regardez tous les combats que nous avons menés et remportés depuis 15 ans !» déclare-t-il à L’Agefi Hebdo, dans un entretien à paraître demain*. S’il défend les fonds en euro, il précise que «18 millions de Français appellent à un modèle révolutionnaire d’assurance vie», et estime que les parlementaires devraient reprendre la main sur les règles de solvabilité des assureurs. Pourquoi ? «Au-delà de la nécessaire solvabilité, c’est tout l’enjeu de la mission de l’assurance vie qui est en question, peut-être en cause. Et cette mission, elle doit être dictée par une stratégie qui va bien au-delà du contrôle et de la surveillance. Le contrôle, c’est le tuteur. La vision, c’est le rosier qui doit fleurir pour une France qui entend faire revivre ses entreprises», scande-t-il.
*A lire dans L’Agefi Hebdo du jeudi 21 janvier : l’entretien de Gérard Bekerman, où il dresse le portrait-type du repreneur de son assureur historique, ainsi que l’échange avec Eric Viet, membre du comité de direction d’Athora.
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