Lafarge fait un pas supplémentaire dans son processus de désendettement
Huit jours après l’annonce d’un projet de cession par étapes de ses activités plâtrières en Europe et en Amérique du Sud à son partenaire belge Etex, Lafarge se désengage également de ce secteur sur le marché australien. Il va ainsi vendre pour un montant net de 120 millions d’euros au groupe allemand Knauf des activités qui ont généré un excédent brut d’exploitation (EBE) de 13 millions d’euros au cours de l’exercice 2010. Celles-ci incluent notamment «deux usines de plaques de plâtre et autres produits associés, ainsi qu’un réseau national de distribution et de vente», précise le leader mondial du ciment.
Correspondant à un multiple de valeur d’entreprise sur EBE de 9,2 fois en données historiques, le prix de cession est jugé «satisfaisant» par le courtier CM-CIC Securities. Ceci renforcera la position concurrentielle de Knauf, groupe non coté présent dans les matériaux de construction et dans l’extrusion des plastiques. L’entreprise d’origine familiale, qui emploie près de 23.000 personnes dans 40 pays, a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 5 milliards d’euros l’an dernier. Elle est déjà l’un des leaders européens de la plaque de plâtre «avec une part de marché estimée à 40%», précise CM-CIC Securities.
Cette cession, qui devrait être effective avant la fin du mois de septembre, est cohérente avec la stratégie de Lafarge. Le groupe a choisi de réduire sa présence dans le plâtre qui représentait au total 8% de son chiffre d’affaires en 2010. Son objectif est de réduire cette année de 2 milliards d’euros une dette financière qui dépassait 14 milliards au 31 mars dernier, soit 83% de ses fonds propres.
En tenant compte de la transaction réalisée avec Etex, qui devrait générer un produit net de 850 millions d’euros, et de la vente annoncée en mai d’activités dans le ciment et le béton aux Etats-Unis pour une valeur d’entreprise de plus de 500 millions d’euros, Lafarge a déjà atteint le double de son objectif de cessions de 750 millions d’euros initialement annoncé pour 2011. Ceci devrait également contribuer à accélérer la révision en hausse des notes de crédit à long terme du groupe (Baa3 chez Moody’s et BB+ chez S&P). L’action a clôturé en hausse de 1% à 41,1 euros vendredi à Paris.
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