Lafarge et Holcim choisissent la transparence sur leurs cessions d’actifs
Trois mois après l’annonce de leur projet de fusion, le français Lafarge et le suisse Holcim ont dévoilé hier une liste d’actifs susceptibles d’être mis en vente afin d’obtenir l’aval des autorités de la concurrence. Ces activités correspondent à une capacité de production d’environ 27 millions de tonnes pour le ciment, 79 millions de tonnes pour les granulats et de 10 millions pour le béton prêt à l’emploi (BPE). Elles concerneront 10.000 emplois, soit un peu moins de 8% des effectifs de l’entité fusionnée.
Une grande partie des cessions portera sur l’Europe occidentale (Autriche, France, Allemagne, Royaume-Uni), mais aussi orientale (Hongrie, Roumanie, Serbie). «Le futur groupe Lafarge-Holcim conservera une base industrielle significative en Europe, d’environ 20% de son chiffre d’affaires, afin de tirer parti de la reprise économique», précise Bruno Lafont, PDG de Lafarge. L’exposition de la nouvelle entité au Vieux Continent sera réduite d’environ 30% par rapport à celle d’Holcim ou de Lafarge en 2013.
Dans le reste du monde, le français cédera ses actifs à la Réunion, en conservant toutefois sa participation dans Ciments de Bourbon, alors qu’Holcim projette de sortir du Canada et de l’île Maurice. Les deux entreprises envisagent de regrouper une partie de leurs activités aux Philippines et de céder «un ensemble significatif d’actifs de grande qualité» au Brésil. Après avoir confirmé leur intention de boucler leur rapprochement avant la fin du premier semestre 2015, elles vont entamer dès maintenant les négociations avec les acquéreurs potentiels.
«Nos banques confirment l’appétit exceptionnel qu’elles observent, non seulement par le nombre, mais aussi par la variété des marques d’intérêt qui se présentent aujourd’hui, et nous anticipons que la liste puisse encore s’allonger», relève Bruno Lafont. Sur des cessions visées équivalentes à 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, les désengagements annoncés hier représentent près de 3,5 milliards, soit 10% de l’activité combinée des deux groupes.
«L’effort de communication est essentiel dans la mesure où l’une des clés de succès du projet réside dans la capacité des deux cimentiers de gérer les problématiques antitrust», jugent les analystes crédit d’Aurel BGC, en ajoutant que «les opportunités de communiquer sur les éventuelles avancées peuvent permettre de faire vivre l’histoire boursière en soutenant l’intérêt du marché».
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