«L’adoption des IFRS n’est pas contestée, sauf chez certains en France»

Michel Prada, président de la Fondation IFRS depuis plus d’un an, garde espoir sur l’adoption des normes internationales par les Etats-Unis
Solenn Poullennec
Michel Prada : «L'adoption des IFRS n'est pas contestée, sauf chez certains en France» - Photo : REA
Michel Prada : «L'adoption des IFRS n'est pas contestée, sauf chez certains en France» - Photo : REA  - 

L’Agefi: Comment réagissez-vous aux critiques visant les IFRS en France?

Michel Prada: Il y a chez certains en France, une sorte de gallicanisme comptable que je ne retrouve pas dans les autres pays. Quand je suis arrivé à la fondation IFRS, j’ai été très frappé de voir les formidables progrès réalisés au cours d’une décennie. La rapidité avec laquelle des pays du monde entier ont adopté ou autorisé les IFRS est extraordinaire. Ces normes concernent aujourd’hui les trois quarts du G20. La dynamique vers l’adoption des IFRS n’est pas du tout contestée sauf chez certains en France. Même dans l’Hexagone, les avis me semblent plus variés qu’on ne le dit. Par exemple, les entreprises n’ont pas exprimé la même position que le normalisateur sur les normes de consolidation.

Que faire alors que les Etats-Unis n’ont pas pris de décision sur leur adoption?

L’ancienne présidente de la Securities and Exchange Commission (SEC), Mary Schapiro, a été immergée dans le travail d’application du Dodd-Frank Act. Je peux imaginer que le sujet comptable n'était pas prioritaire dans ce contexte. La décision attendue à la fin de 2011 n’a pas été prise, nous avons été surpris et déçus. Mais nous avons depuis reçu des signaux positifs de Washington. Il y a maintenant un nouveau président de la SEC, Elisse Walter, qui a déjà affirmé sa sympathie pour les IFRS. Elle est nommée pour un terme apparemment limité donc je ne suis pas sûr que la SEC pourra prendre une décision aussi importante rapidement mais nous pensons qu’il est très important de garder le contact avec les Etats-Unis. Nous sommes conscients que migrer vers un standard international est politiquement et techniquement difficile.

Comment va s’organiser l’élaboration des IFRS à l’avenir?

Le mode de travail bilatéral avec les Etats-Unis arrivera à son terme une fois que les quatre projets de convergence seront achevés. Nous avons décidé de créer un organisme multilatéral de normalisateurs comptables, l’Accounting Standards Advisory Forum (Asaf) pour avoir avec eux des discussions techniques sur les IFRS. Nous voudrions que cette organisation soit ramassée, avec près d’une douzaine de normalisateurs, à raison de trois par grande zone géographique. Il y a sans doute des problèmes de représentation en Europe mais c’est une question interne à l’Union. Les Trustees vont étudier les résultats de la consultation sur l’Asaf cette semaine et essayer de finaliser le dispositif au cours du premier semestre 2013.

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