L’Adam et Moneta assignent Altamir Amboise devant le tribunal de commerce
Moneta AM et Colette Neuville ne désarment pas contre Altamir Amboise. En plus de demander en assemblée générale une hausse du dividende, la société de gestion et la présidente de l’Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) ont saisi le tribunal de commerce de Paris. En cause, la gouvernance du holding et la «confusion des pouvoirs» qui existe, selon eux, entre la gérance de la commandite et le conseil de surveillance.
«Altamir Amboise Gérance, dont Maurice Technio est le PDG, est, en même temps, associé commandité et gérant. Comme c’est l’associé commandité qui nomme et qui révoque le gérant, Maurice Tchenio ne peut donc être révoqué que par lui-même», s’étonne Colette Neuville. D’autre part, selon la présidente de l’Adam, «avec les actions qu’il détient directement et indirectement», soit un peu plus de 20% du capital, «c’est Maurice Tchenio qui a désigné les membres du conseil de surveillance censés contrôler sa gestion». Les plaignants demandent au tribunal que Maurice Tchenio ne puisse plus prendre part à l’élection des membres du conseil.
«Cet argument est fallacieux et nous faisons confiance à la justice pour trancher ce point de droit», rétorque un porte parole d’Altamir Amboise. Le tribunal de commerce, saisi en référé, pourrait renvoyer l’affaire sur le fond. En revanche, il devrait pouvoir se prononcer sur la seconde demande des plaignants, à savoir la limitation des droits de vote de Maurice Tchenio, celui-ci n’ayant pas stipulé, selon eux, l’intégralité des franchissements de seuils. Une audience est prévue mercredi.
Cette dispute cache une mésentente sur la stratégie d’Altamir Amboise. Maurice Tchenio souhaite augmenter la taille du fonds et les montants investis. «Cette croissance ne nous semble pas appropriée pour une société d’investissement qui décote autant (près de 50%). Elle est conforme aux intérêts des associés commandités mais pas des autres actionnaires d’Altamir Amboise», répond Romand Burnand, président de Moneta AM, deuxième actionnaire du fonds avec un peu plus de 9% du capital. Selon lui, «Deutsche Beteiligungs, dont la capitalisation est proche de celle d’Altamir Amboise, ne décote que de 6%. Or, dans cette société les intérêts des managers et des actionnaires sont alignés, et elle a distribué depuis 2004 en moyenne 14% par an de son actif net réévalué en dividendes et rachats d’actions».
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