L’actionnariat salarié continue à progresser en Europe
Plus que jamais l’actionnariat salarié est à l’ordre du jour en France. Le projet de loi Pacte pourrait étendre le dispositif, notamment aux PME, avec unobjectifde 10% du capital des entreprises dans les mains des salariés à moyen terme. Le gouvernement voit aussi dans l’actionnariat salarié un moyen de protéger les entreprises contre des investisseurs non désirés. Mercredi, Schneider Electric a annoncé le lancement d’une nouvelle augmentation de capital réservée aux salariés, du 1er au 7 juin, avec une décote de 15%. Elle sera ouverte à 85% des collaborateurs du groupe dans le monde (41 pays). Pour sa part, Arkema a lancé hier sa sixième opération, concernant 94% de ses salariés (31 pays). L’offre est ouverte du 9 au 22 mars, avec une décote de 20% sur le prix de référence.
Pour sa part, la Fédération européenne de l’actionnariat salarié (FEAS) se félicite d’une année 2017 record en Europe avec près de 400 milliards d’euros détenus par les salariés, soit 3,20% du capital des 2.700 plus grandes entreprises cotées et non cotées, contre 2,42% en 2006. Ce taux atteint les 6% en France. Désormais 93,5% de ces entreprises offrent des plans d’actionnariat salarié, contre 73% en 2006. La valeur moyenne de l’investissement ressort à 52.000 euros par personne (+15% depuis 2009), et à 28.000 euros (+130%) en excluant les dirigeants exécutifs. Signe de l’intérêt, des salariés et des entreprises, un tiers des sociétés ont lancé un nouveau plan l’an dernier, un nouveau plus haut, contre 23% en 2007.
Autre bonne nouvelle, le taux de démocratisation (pourcentage de salariés actionnaires sur l’ensemble des salariés) a cessé de se dégrader. Il se maintient à 21%, contre près de 25% en 2010. Une moyenne qui cache de fortes disparités. L’Europe continentale demeure sous les 20% et le Royaume-Uni au-dessus des 25% en raison des politiques incitatives outre-Manche depuis plusieurs années, alors que d’autres pays ont préféré réduire les avantages fiscaux. La France, qui avait touché un point bas à 34,5% en 2015 est remontée à 36,5% l’an dernier, mais reste encore loin des 43% de 2010.
Si les salariés siègent dans 21% des entreprises (37% en France), les actionnaires salariés ne sont admis au conseil que de 1,6% des sociétés (mais 12% en France). Les actionnaires salariés disposent des mêmes droits de vote que les autres actionnaires dans tous les pays, sauf dans six (Danemark, Suède, Finlande, Pays-Bas, Suisse, Allemagne) où leurs droits sont réduits.
Plus d'articles du même thème
-
Les conseils d’administration doivent se doter de compétences IA, mais savoir aussi les intégrer
Si 25% des conseils des grandes entreprises mondiales ont désormais un spécialiste de l’intelligence artificielle qui y siège, seuls 14% ont véritablement intégré cette expertise dans leur gouvernance. -
L’égalité des sexes dans les conseils d’administration des sociétés cotées perd du terrain
Le fonds de pension suédois AP2 publie son indice sur la représentation féminine. Il alerte sur le recul des femmes dans les conseils d’administration des sociétés cotées suédoises. -
Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
Cette fois, ce n’est pas une mutuelle santé mais la mutuelle épargne retraite Garance qui est à son tour frappée par une crise de gouvernance. L’affaire portée devant le tribunal judiciaire pourrait également conduire l’ACPR à intervenir pour ramener un peu de clarté dans les principes de gouvernance mutualistes.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
Contenu de nos partenaires
-
ContentieuxEurope-Chine : cette défiance qui monte
Les Vingt-Sept, Allemagne comprise, s’agacent des impressionnants déséquilibres commerciaux au profit de Pékin. Qui menace de prendre des mesures de rétorsion si l’Europe réagit -
BisbillesAu-delà du commerce, ces sujets qui fâchent dans les relations UE-Chine
Le soutien de Pékin à la Russie et le sort de Taïwan parasitent les débats économiques entre les deux blocs -
Rends l'argentPourquoi la caisse d'assurance-chômage sera déficitaire de 2,3 milliards d’euros en 2026
L’Unédic anticipe un déficit accru en 2026, miné par des destructions d’emplois et des prélèvements record de l’État