L’actionnariat de Repsol pourrait prochainement évoluer avec l’aval de Madrid
Repsol pourrait bientôt ouvrir son capital à de nouveaux actionnaires originaires des pays émergents, si l’on en croit les informations du magazine espagnol l’Expansion qui se réfère à des sources proches du dossier. Il précise qu’un groupe d’investisseurs d’Arabie saoudite, d’Algérie, de Singapour, de Hong Kong et du Qatar «ont sondé les principaux actionnaires actuels de la société, au premier rang desquels figure La Caixa, afin d’obtenir leur accord pour acquérir jusqu’à 20% du capital de Repsol».
Après la banque catalane qui possède 12,5% du groupe pétrolier, on trouve comme deuxième actionnaire le groupe de BTP Sacyr Vallehermoso (9,7%) puis le pétrolier mexicain Pemex (9,4%).
Le journal indique que l’arrivée de ces nouveaux investisseurs procéderait principalement de la cession des parts de Sacyr et de la participation de 5,4% détenue en autocontrôle. Mais le constructeur espagnol est fortement dépendant du dividende versé par Repsol pour payer les intérêts d’une dette de 2,4 milliards d’euros afférente à cette participation, qui vient à maturité en 2015. Le groupe de BTP avait déjà indiqué qu’un prix de cession au moins de 19,3 euros par action Repsol était nécessaire pour qu’il envisage de céder sa part, soit 28% au-dessus du cours actuel.
Quant à La Caixa, «elle ne sera pas vendeuse tant que Repsol fait des bénéfices», juge le bureau d’analyse de Kepler. L’alternative serait de faire entrer un nouveau partenaire financier en ayant recours à une augmentation de capital, ce qui contribuerait à résoudre les problèmes engendrés par l’expropriation dont a été victime Repsol sur YPF par l’Argentine. Ce fait du Prince a eu pour effet «de réduire d’environ 20% la taille de son bilan», rappellent les analystes du groupe Ahorro.
La recomposition du tour de table de Repsol s’effectuerait sous l’œil bienveillant du gouvernement espagnol. Les analystes d’Ahorro n’excluent pas que Madrid soit en fait à l’origine de ces discussions, afin de «protéger le capital du groupe d’éventuelles transactions inamicales».
Ce soutien serait en outre cohérent avec l’invitation adressée le mois dernier à l’Arabie saoudite par le premier ministre Mariano Rajoy, incitant Riyad à investir dans le secteur de l’énergie en Espagne.
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