L’action Iliad ignore la polémique sur le réseau de Free Mobile

La capitalisation est passée pour la première fois au-dessus de 6 milliards d’euros. Le groupe se traite avec une prime de 100% par rapport à ses comparables
Olivier Pinaud
Cours de l'action Iliad affiché le 22 mars 2012. Photo: PHB/Agefi
Cours de l'action Iliad affiché le 22 mars 2012. Photo: PHB/Agefi  - 

Pour la première fois depuis sa cotation à la Bourse de Paris en janvier 2004, Iliad a dépassé hier le seuil des 6 milliards d’euros de capitalisation. En séance, le cours de l’opérateur de télécoms (Free et Free Mobile) a touché un pic à 107,9 euros. Il affiche une hausse de 12% depuis le début de l’année. Dans le même temps France Télécom a perdu 5%, Bouygues a reculé de 4%, Vivendi a chuté de 17% et l’indice Stoxx des télécoms en Europe est tout juste stable. La polémique grandissante sur la qualité du réseau de Free Mobile, l’absence de chiffres officiels sur le nombre d’abonnés et le mutisme de la direction d’Iliad n’ont donc aucun effet sur la valorisation du groupe fondé et toujours détenu à 63% par Xavier Niel.

Le groupe traite aujourd’hui avec une prime de 100% par rapport à ses concurrents français ou à ses comparables européens. Selon Exane BNP Paris, Iliad affiche un multiple valeur d’entreprise sur excédent brut d’exploitation (VE/Ebitda) de 10,2 pour 2012, quand France Télécom atteint péniblement un multiple de 4,9 et que le secteur des opérateurs intégrés est en moyenne à 5,3. Seuls les opérateurs de satellites de communication, Eutelsat et SES, évoluent à de tels niveaux mais leur marge d’Ebitda tourne autour de 80% alors que celle d’Iliad n’est «que» de 40%.

Pour de nombreux investisseurs, notamment anglo-saxons, Iliad est aujourd’hui l’une des rares valeurs du secteur européen des télécoms à promettre de la croissance sur un marché globalement en perte de vitesse. Hier, Olivier Roussat, le directeur général de Bouygues Telecom, a estimé, sur la foi de statistiques internes, que Free Mobile compte déjà 2,2 millions d’abonnés. Selon BoA Merrill Lynch, qui table sur 2,25 millions d’abonnés à fin mars, le quatrième opérateur mobile français pourrait atteindre 4,5 millions d’abonnés d’ici à la fin 2012.

Résultat, Free Mobile atteindrait l’équilibre opérationnel dès la mi-2013 et dégagerait selon les calculs du courtier américain plus de 325 millions d’euros d’Ebitda en 2014, soit 40% du résultat opérationnel réalisé par Iliad en 2011 uniquement grâce à son activité dans le fixe.

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