L’accord social va remettre à niveau la compétitivité de Renault en France
Présenté comme exemplaire, l’accord social conclu entre la direction et deux syndicats de Renault (CFE-CGC et FO) doit permettre au constructeur automobile de combler une grande partie du retard de compétitivité de ses cinq usines françaises. Et au bout du compte, d’assurer le redressement de la marge opérationnelle de la division automobile du groupe, négative de 0,1% en 2012.
Malgré la baisse de 43% de la main-d’œuvre en France au cours des sept dernières années, les cinq sites d’assemblage français souffrent de la comparaison par rapport aux autres usines de Renault. Le coût du travail en France est estimé entre 30 et 33 euros par heure, soit 50% de plus qu’en Espagne. Au Maroc, il est six fois plus faible. Mais le désavantage est également criant face aux chaînes européennes de Nissan. Renault produit en France environ 550.000 véhicules par an avec 12.000 salariés. Il en sort quasiment autant des chaînes de l’usine Nissan de Sunderland en Grande-Bretagne qui compte pourtant deux fois moins de salariés (5.070 personnes). Les salaires représentant 60% des coûts fixe du groupe en France, les analystes de Deutsche Bank évaluent le désavantage compétitif des usines françaises de Renault à 400 millions d’euros environ, montant qui atteint 500 à 600 millions quand on ajoute les autres coûts fixes (maintenance…). Un écart qui explique les pertes de la marque Renault en France, estimées à 800 millions d’euros en 2012, et partiellement compensé par les 400 millions d’euros de la marque Dacia.
L’accord, qui sera présenté en comité central d’entreprise mardi prochain, devrait permettre d’économiser 500 millions d’euros par an à l’horizon 2016: 100 millions grâce à plus de flexibilité (augmentation du temps de travail, gel temporaire des salaires…) et 400 millions grâce aux départs naturels de 7.500 salariés en France d’ici à 2016, soit 14% des effectifs dans l’Hexagone. L’accord conclu fin 2012 en Espagne devrait apporter 30 millions d’euros d’économies supplémentaires par an dès 2014.
Une reprise de 10% à 15% des volumes de voitures vendues en Europe entre 2012 et 2015 pourrait accroître de 300 à 450 millions d’euros le résultat opérationnel de Renault. Ce qui, ajouté aux économies, remettrait les compteurs opérationnels de la division automobile à zéro.
Plus d'articles du même thème
-
La BCE s’achemine vers une hausse de taux en décembre
Malgré une décision unanime de ne pas remonter les taux pour l’instant, les gouverneurs de la banque centrale ont envoyé le message d’un nouveau resserrement le 17 décembre. Sauf accident sur la croissance, le mouvement devrait même se poursuivre malgré les hausses de taux longs déjà restrictives. -
Shell et Repsol décident d’accroître leur retour aux actionnaires
Après la publication de résultats trimestriels supérieurs aux attentes du consensus, les deux énergéticiens ont relevé le montant de leurs rachats d’actions. -
Andera Partners investit 60 millions dans Tyls
La société d'investissement prend une participation minoritaire dans le réseau d’expertise comptable dans le cadre d'une opération sponsorless.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Tutti fascisti !« Tous fascistes, sauf nous » : comment Jean-Luc Mélenchon organise le vide entre le RN et LFI
Pour affronter Marine Le Pen, le leader des insoumis cherche à effacer la partie centrale de l'échiquier politique et repousse les socialistes dans le camp des fascistes -
Au nom de la loiCouvre-feux, manifs interdites, drones : nos libertés sous cloche ?
Depuis dix ans, le pouvoir macroniste a multiplié les textes sécuritaires. Avec l’objectif de répondre à la demande croissante d’ordre et d’autorité. Mais au risque de rompre l’équilibre fragile entre sécurité et libertés fondamentales -
Maintien de l’ordre : combien de temps les policiers pourront-ils tenir ?
Les forces de l’ordre, durement éprouvées le 17 octobre, sont sous pression depuis le début du mouvement lycéen il y a cinq semaines. Sans issue politique à l'horizon, combien de temps pourront-elles tenir ?