L’accès à l’aéroport londonien d’Heathrow anime le transport aérien mondial

Delta Air Lines pourrait prendre le contrôle de Virgin Atlantic, avec la complicité d’Air France, grâce à la sortie de Singapore Airlines
Benoît Menou

La bataille du ciel européen passe immanquablement par Heathrow. L’accès à l’aéroport londonien suscite logiquement l’appétit des compagnies aériennes internationales, comme en témoignent les discussions que Singapore Airlines, répondant à des informations de presse, a reconnu mener concernant sa participation de 49% au capital de Virgin Atlantic. Une participation acquise en 1999 pour 600 millions de livres (près de 740 millions d’euros), le solde du capital étant toujours entre les mains du fondateur Richard Branson. Singapore Airlines a indiqué être en pourparlers avec plusieurs interlocuteurs, sans les nommer, tout en prévenant que la signature d’un accord n’était pas encore certaine. Le souhait de la compagnie aérienne asiatique de concentrer ses forces vives sur sa région d’origine fait des heureux.

De sources concordantes, Delta Air Lines tiendrait la corde dans ces discussions. La compagnie aérienne américaine pourrait trouver dans l’opération un astucieux moyen de renforcer sa présence en Europe grâce aux tickets d’entrée de Virgin Atlantic à Heathrow. La compagnie britannique reste distancée à ce sujet par le numéro un national, British Airways. Et l’alliance de cette dernière avec American Airlines, au sein du groupement Oneworld, fait de l’ombre à Delta Air Lines. Afin de répondre aux exigences du droit communautaire, Delta pourrait s’associer dans l’aventure avec sa partenaire au sein de l’alliance Skyteam, Air France, qui pourrait reprendre une part des titres détenus par Richard Branson. L’homme d’affaires a mandaté Deutsche Bank il y a deux ans pour évaluer le devenir de son contrôle de Virgin Atlantic et ne souhaite pas réagir sur les discussions actuelles pressenties. Reuters croit savoir que Delta Air Lines cherche à acquérir une part de Virgin Atlantic justement depuis deux ans.

Singapore Airlines se serait résolue depuis l’an passé à sortir de Virgin Atlantic. Mi-2011, des sources bancaires ont évoqué un prix probable de 500 à 600 millions de dollars, inférieur au prix d’entrée. Certes, L’actionnaire avait espéré en arrivant pouvoir décrocher des vols transatlantiques depuis Londres, ce qui n’a pas été le cas. Un analyste du secteur cité par Reuters souligne que le vendeur peut difficilement prétendre à un prix élevé du fait des pertes affichées par Virgin Atlantic (80 millions de livres environ sur l’exercice écoulé), mais qu’il n’est pas en situation critique et dispose du temps nécessaire pour laisser monter les enchères.

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