La vitalité de Chrysler soutient Fiat à point nommé

Sans la contribution de sa filiale américaine, le constructeur automobile italien serait tout juste à l'équilibre
Olivier Pinaud

Sergio Marchionne, le directeur général de Fiat, peut se féliciter de s’être porté au secours de Chrysler en 2009, dont le groupe italien détient actuellement 58,5% du capital. Sans cette opération, le constructeur automobile de Turin se trouverait dans une situation périlleuse au regard du marasme dans lequel se trouve le marché européen. Pour l’ensemble de l’exercice 2011, en retirant la contribution de sa filiale américaine, le groupe italien afficherait un résultat net tout juste à l’équilibre. Et sur le seul quatrième trimestre, Chrysler représente à lui seul 83% du bénéfice opérationnel du groupe Fiat quand la division FGA, qui regroupe les marques italiennes (Fiat, Lancia et Alfa Romeo), essuie une perte de 15 millions.

Ce moteur américain devrait continuer à fonctionner en 2012. Le groupe Fiat a légèrement abaissé ses prévisions pour l’année, avec un chiffre d’affaires attendu à 77 milliards d’euros, moins que les 85 milliards envisagés initialement. Mais l’objectif reste bien supérieur aux projections calculées par les analystes. Son bénéfice opérationnel annuel devrait bondir de 88%. Chrysler a débuté l’année en trombe. Ses ventes ont bondi de 44% en janvier aux Etats-Unis, soit la vingt-deuxième hausse mensuelle consécutive. Le plus petit des constructeurs américains fait nettement mieux que ses concurrents locaux. Les ventes mensuelles de GM ont baissé de 6% et celles de Ford ont crû de 7%.

Cette réussite commerciale et financière incite Sergio Marchionne à vouloir aller plus loin, même si la dette nette du groupe reste une contrainte (5,5 milliards d’euros fin décembre). Le dirigeant envisage d’absorber Chrysler d’ici à 2015. Fiat bénéficie d’une option pour prendre 40% supplémentaires du capital du constructeur américain entre le 1er juillet 2012 et le 30 juin 2016. Il pourrait également pousser à une alliance avec un concurrent européen afin d’améliorer la compétitivité des chaînes de montage en Europe.

Selon le directeur général du groupe, un constructeur devient vraiment compétitif à partir de 8 à 10 millions de véhicules produits par an, un seuil approché seulement par Toyota, GM et Volkswagen. Fiat-Chrysler a produit 4,1 millions de voitures en 2011, mieux que les 3,5 millions de PSA, mais moins que Renault-Nissan (6,7 millions).

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