La valorisation de l'énergéticien italien Sorgenia fait débat
Sorgenia attise les convoitises des énergéticiens européens, mais veut se vendre au prix fort! Selon Les Echos, GDF Suez, mais aussi EDF, Iberdrola ou encore le russe Inter Rao souhaiteraient acquérir le producteur d’électricité italien. Pour l’heure GDF Suez et EDF se refusent à tout commentaire.
«Depuis longtemps, la société fait l’objet de l’attention des opérateurs industriels et financiers susceptibles d’être intéressés à investir dans l’entreprise, a précisé hier l’italien CIR, maison-mère de Sorgenia. Mais, il n’y a pas de négociations en cours actuellement, ni de projet d’arrivée de nouveaux actionnaires dans l’entreprise.»
Sorgenia est détenu par CIR, la holding de la famille De Benedetti, à 51,9%, par l’autrichien Verbund (44,9%), par le management (2%) et par Monte dei Paschi (1,2%). L’actionnaire de référence, en accord avec Verbund, aurait mandaté Goldman Sachs pour réfléchir sur l’avenir du groupe.
Toutefois, le prix d’une éventuelle cession semble une pierre d’achoppement. Les vendeurs demanderaient entre 2 et 3 milliards d’euros, soit en moyenne 15 fois l’Ebitda 2010 et 6 fois l’Ebitda anticipé pour 2013. «Compte tenu d’une dette nette de 1,7 milliard d’euros, le PER 2010 de ce prix s’établit à 11,9 fois (750 millions d’euros de valorisation pour l’equity)», note Raymond James. Des niveaux qui seraient jugés beaucoup trop élevés par les acquéreurs. D’ailleurs, «un prix juste se situerait plutôt autour de 7 fois l’Ebitda», confie un autre analyste. Soit autour de 1,1 milliard d’euros.
En 2010, Sorgenia a affiché 2,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, pour 164 millions d’Ebitda et 63 millions de résultat net. Mais le groupe, présent dans la vente d’électricité et de gaz, dans les énergies renouvelables et dans l’exploration-production, affiche des objectifs ambitieux: 423 millions d’Ebitda pour 3,9 milliards d’euros de revenus en 2013; et 746 millions d’Ebitda pour 4,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2016. Des perspectives qui lui permettent d’être plus exigeant sur le prix.
S’il devait tomber entre des mains françaises, ce dossier ne devrait pas faciliter les relations franco-italiennes, tendues depuis le rachat de Bulgari par LVMH, et l’offre de Lactalis sur Parmalat. Toutefois, GDF Suez et Sorgenia sont déjà partenaires dans Tirreno Power, ancienne filiale d’Enel. De plus, Sorgenia avait racheté fin 2007 la Société française d’éoliennes (SFE).
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