La télévision gratuite en Europe amorce son retournement
Le secteur européen de la télévision gratuite est peut-être en train de changer de programme. Alors que les revenus publicitaires des grandes chaînes européennes n’ont fait que chuter de trimestre en trimestre depuis début 2011, les analystes sectoriels de Credit Suisse estiment que le marché serait proche d’avoir atteint son point bas. En interrogeant 22 agences d’achat d’espaces publicitaires dans sept pays européens différents sur la tendance de janvier et de février, le courtier a noté des signes de reprise en Espagne et en Italie, pays où la chute des recettes publicitaires a dépassé les 15% certains trimestres, mais aussi en France de façon moins spectaculaire.
En Grande-Bretagne, selon les agences de publicité, ITV pourrait même retrouver la croissance au premier trimestre 2013. La chaîne commerciale britannique publiera ses résultats annuels la semaine prochaine. Nomura partage le même optimisme que Credit Suisse, n’excluant pas l’annonce par ITV lors des résultats d’un nouveau programme de rachats d’actions. TF1 et M6 publient ce soir leurs chiffres annuels.
Cet espoir de reprise du marché de la télévision européenne est également nourri par l’intérêt grandissant des groupes américains pour les acteurs du continent. Outre l’accord conclu avec TF1 sur Eurosport International, Discovery s’est emparé en décembre des chaînes scandinaves de ProsiebenSat.1 pour 1,7 milliard de dollars. Dans le câble cette fois, Liberty Global s’est pour sa part offert Virgin Media pour 16 milliards de dollars. Quant à KKR et Permira, ils ont profité de l’agitation dans le secteur pour placer sur le marché la semaine dernière pour 485 millions d’euros d’actions ProsiebenSat.1, avec une décote de seulement 2,5%. Les deux fonds comptent céder leurs 53% résiduels d’ici à la fin de l’année, signant ainsi la réussite de la restructuration de la chaîne allemande, dont le cours de Bourse a gagné 33% en un an.
Les groupes américains «disposent généralement d’une meilleure culture de marché et donc d’une meilleure analyse des cycles», rappellent les analystes de Natixis, et «considèrent ainsi probablement la situation actuelle comme une opportunité d’investissement long terme très attractive». Avec une valeur d’entreprise qui représente en moyenne 1,3 fois le chiffre d’affaires, «les valorisations des actifs européens sont au plus bas», ajoute Natixis.
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