La stratégie de défense de KPN contre America Movil est risquée
KPN ne compte pas se laisser avaler par America Movil sans réagir. L’opérateur de télécoms néerlandais envisagerait d’engager le processus de cession de sa filiale de téléphonie mobile belge Base dans les deux prochaines semaines, selon Reuters.
Une cession dont il espère tirer entre 1,6 milliard et 1,8 milliard d’euros. Ce qui correspond à une valorisation de 5,5 à 6,5 fois l’Ebitda estimé pour 2012, contre 6,5 fois pour la cession d’Orange Suisse par France Télécom en 2011. Si Blackstone, Cinven, Providence, Bain et KKR envisageaient une alliance avec l’opérateur belge Telenet pour racheter Base, la cession pourrait se faire dans le bas, voire en dessous, de la fourchette cible.
Les sources citées par Reuters ajoutent que «quel que soit le montant tiré par KPN, cette opération ne sera pas à de nature à retirer l’épine Carlos Slim du pied de KPN». Le Financial Times indique que KPN n’aurait d’ailleurs pas écarté une possible scission avec sa filiale allemande E-Plus, considérée comme sa pépite avec une part de marché en Allemagne de 17%. Une opération qui pourrait être officialisée dans les prochains jours, et ouvrirait la voie à une alliance avec O2 Deutschland, la filiale allemande de Telefonica. Les synergies évoquées sont de l’ordre de 4 milliards d’euros. O2 et E-PLus créeraient le premier opérateur du pays, devant T-Mobile et Vodafone.
Une stratégie qui vise à siphonner l’intérêt des investisseurs potentiels et dissuader America Movil à poursuivre son offre si elle n’inclut pas E-Plus. Mais la stratégie de KPN, qui redoute le poids que pourrait prendre America Movil dans son conseil d’administration, semble risquée. Bien que la société s’attende toujours à un redressement de son marché domestique cette année, le groupe a encaissé une baisse de 12% des revenus de services mobiles et le ratio de dette nette sur Ebitda a augmenté à 2,4 à fin mars contre 2,3 à fin décembre.
Dans ce contexte, KPN pourrait bénéficier du «track record» opérationnel de l’homme d’affaires mexicain Carlos Slim, prêt à payer 3,2 milliards d’euros (soit 8 euros par action) pour voir sa participation dans le groupe grimper à 28%. Il a en outre indiqué hier avoir déjà porté sa participation de 4,8% à 7,8% en rachetant des actions KPN sous la valeur de son offre. Les analystes d’Aurel BGC estiment que le groupe mexicain «de par sa flexibilité financière, pourrait venir en soutien à KPN». Un soutien qui lui permettrait de conserver ses notes (Baa2/BBB), voire de les faire relever.
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