La SNCF réduit son endettement grâce à une émission obligataire structurée
La SNCF a placé une émission obligataire structurée de près d’un milliard d’euros qui pourrait ouvrir la voie à d’autres opérations utiles au financement des infrastructures et aux groupes publics qui souhaiteraient réduire leur endettement financier.
L’entreprise ferroviaire étant en période de «black-out» jusqu’à la publication de ses résultats le 18 février prochain, aucune des parties prenantes n’a souhaité préciser les détails de l’opération qui ne sont pas disponibles sur Bloomberg. L’émission obligataire structurée a été réalisée avec Crédit Agricole CIB et Natixis qui s’en sont seulement ouverts dans un communiqué mardi.
Le montant de l’émission à échéance 2019 s’élève à 952,2 millions d’euros. Les obligations, cotées sur Euronext Paris, sont adossées à un peu plus d’un milliard d’euros de créances irrévocables payables mensuellement et que la SNCF détient vis-à-vis d’une «autorité organisatrice de transports» dont le nom n’est pas précisé. Ces créances «concernent des contributions d’investissements fixes sur du matériel roulant».
«Il s’agit de la première opération de monétisation de créances publiques de cette envergure», se félicitent les banquiers dans leur communication. Ils soulignent que l’émission a reçu «un bon accueil de la part des investisseurs français, y compris de banques, de gestionnaires d’actifs et de compagnies d’assurances». Le fait qu’une émission de cette taille trouve sans problème des investisseurs est notable. Car même si elle offre une certaine garantie publique, son profil est assez atypique.
Selon nos informations, cette opération n’a pas été notée. Cette caractéristique et sa maturité plutôt longue font que l’émission ne pouvait pas intéresser les investisseurs traditionnels d’obligations adossées à des créances (ABS). Quant aux investisseurs institutionnels, leur engagement n’était pas gagné d’avance car ils peuvent être réticents vis-à-vis des opérations amortissables du type de celle réalisée par la SNCF.
Le succès de ce montage pourrait donc ouvrir la voie à d’autres émissions pour financer des projets d’infrastructures alors que ce marché est encore peu développé. L’opération qui a permis à la SNCF de réduire «substantiellement» son endettement financier pourrait aussi inspirer d’autres groupes, notamment publics. Par exemple EDF, qui selon certaines sources consultées par L’Agefi, pourrait titriser sa créance sur l’Etat, liée à la CSPE (contribution au service public de l'électricité).
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATUn monde boulerversé? La resilience perdure.
Dans un contexte chahuté, Invesco estime que la résilience perdure et offre un environnement d’investissement favorable pour le reste de l’année. -
En rehaussant ses taux, la Banque du Japon montre sa maîtrise de la politique monétaire
Le taux directeur a été relevé à 1%, comme anticipé, et la banque centrale a annoncé la fin de la réduction d’achats d’obligations à partir d’avril 2027. Une normalisation, attendue, n’a pas provoqué de remous, ni apporté de réconfort à un yen affaibli depuis des mois. -
Renault et Thales s'allient pour développer une filière drone en France
Les deux groupes veulent notamment produire 1.000 unités par mois d'une munition téléopérée baptisée Toutatis à partir de 2027.
ETF à la Une
Tom Stephens (Schroders) : « L’écosystème ETF, la gestion active et la construction de portefeuille moderne convergent fortement »
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
- Elodie Trevillot s’apprête à quitter la Banque Delubac
Contenu de nos partenaires
-
Après la guerre en Iran, retour aux affaires domestiques pour Donald Trump
Après un accord de principe avec Téhéran, le président américain doit désormais gagner sur un terrain plus redoutable : une opinion publique échaudée par les sacrifices économiques de la guerre, et des midterms qui se rapprochent -
FlamboyantSpaceX laisse-t-il de la place aux autres à Wall Street ?
L'entrée en Bourse de la société continue de faire des vagues. Wall Street se prépare à d'autres opérations majeures dans les prochains mois -
Quand un petit extra fait sortir de l’ordinaire
Pour une nuit ou l’espace d’un instant, les Français sont de plus en plus nombreux à privilégier une expérience coûteuse et éphémère, mais inoubliable. L’art de concilier budget et intensité a même un nom : le « lux-scaping ».