La Russie a diminué ses exportations de gaz vers l’Europe de près de 70%
Le volume de gaz russe acheminé via la Pologne et l’Ukraine a aussi été réduit.
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Fabrice Anselmi
Le terminal de Lubmin, en Allemagne, du gazoduc Nord Stream 1.
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Bloomberg
La question de la maintenance a bon dos ! L’attention est focalisée depuis mi-juin sur le gazoduc Nord Stream 1, qui passe sous la mer Baltique pour relier l’Allemagne à la Russie : samedi, ses flux ont été stoppés sine die par Gazprom en raison d’une fuite d’huile, mais le groupe allemand Siemens Energy, habituellement associé à ces opérations de maintenance des turbines – pas cette fois-ci – a estimé que la fuite signalée par Gazprom ne justifiait pas un tel arrêt.
Pour se dédouaner d’une manœuvre stratégique, Gazprom a indiqué, samedi, continuer à livrer du gaz via l’Ukraine (42,7 millions de m3, mcm), mais cela reste insuffisant pour compenser les volumes disparus via Nord Stream 1, et plus largement.
Les importations via Nord Stream 1 ont connu un point de bascule quand elles ont été réduites à 20% de ses capacités après mi-juin : d’environ 1.190 mcm par semaine en 2021 (soit 60 milliards de m3, bcm par an), elles sont revenues à 235 mcm ou moins depuis (12 bcm par an), selon les données compilées récemment par l’institut Bruegel. Cependant, la situation s’était détériorée dès mi-mai pour les flux russes passant par le gazoduc Yamal, qui ont été coupés depuis, et pour les flux russes passant par les gazoducs ukrainiens, qui ont été diminués par trois.
Malgré une légère progression des flux via les gazoducs turcs (300 mcm par semaine depuis juin), l’Union européenne (UE) reçoit désormais environ 850 mcm par semaine de gaz russe, contre plus de 2.950 mcm en moyenne en 2021 (155 bcm dont 15 via du GNL) – potentiellement 71% de moins. Les flux provenant de Norvège ont crû de 2.400 à plus de 2.600 mcm par semaine désormais ; ceux provenant d’Algérie restent en retrait, inférieurs à 700 mcm malgré un sursaut en août ; et les flux de gaz naturel liquéfié (GNL), en provenance de destinations plus lointaines (Etats-Unis, Qatar…), sont passés de 1.500-2.000 mcm hebdomadaires en 2021 à plus de 2.500 mcm depuis janvier.
L’UE a ainsi réussi son pari de remplir 81% de ses capacités de stockage de gaz naturel (86 bcm sur 106 ; 907 TWh sur 1.112). Mais tout dépendra de sa consommation réelle l’hiver prochain car ces stocks représentent à peine un quart de la consommation annuelle européenne sur les deux exercices 2020 et 2021 (386 bcm ou 4.050 TWh), en dépit d’une météo plutôt clémente et d’une économie au ralenti à cause du Covid.
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