La RSE ne doit pas être enfermée dans un comité spécialisé

L’IFA dévoile ses recommandations en matière de responsabilité sociétale. La RSE doit entrer dans le calcul de la rémunération variable des dirigeants
Bruno de Roulhac

A l’heure du reporting obligatoire sur la responsabilité sociétale et environnementale (RSE) imposée par «Grenelle II», l’Institut français des administrateurs (IFA) vient de dévoiler ses recommandations sur le rôle des administrateurs en matière de RSE.

Au préalable, l’IFA avait mené une enquête fin 2013 auprès de 30 conseils d’administration sur la mise en place de la RSE. Si les administrateurs manifestent un réel intérêt pour le sujet et y voient un véritable atout différenciant, notamment dans le secteur de la grande consommation, ils demandent des outils pour appréhender ces questions au spectre particulièrement large.

Fort de ce constat, le «Club Administrateurs RSE» de l’IFA présidé par Anne-Marie Idrac vient d’émettre six propositions. D’abord, réfléchir régulièrement à la dimension RSE des grands sujets débattus en conseil (acquisition, restructuration…). Favoriser l’existence d’un comité ad hoc, mais «ce peut être une fausse bonne idée», prévient Anne-Marie Idrac selon laquelle «la RSE ne doit pas être enfermée dans un comité».

La RSE peut également être abordée par le comité d’audit, sous l’angle des risques, et par le comité stratégique, sous l’angle des opportunités. En outre, les membres du conseil ne doivent pas hésiter à solliciter le président pour qu’il explique le rôle de la RSE dans la stratégie de la société et son rôle dans la création de valeur. L’administrateur doit également questionner le management sur le reporting RSE, qu’il soit obligatoire ou facultatif, pour mieux le «challenger»; consulter les rapports et éventuellement auditionner les experts externes indépendants ayant émis un avis sur la performance RSE de l’entreprise.

Enfin, il appartient aux membres du conseil de favoriser l’intégration des critères RSE dans le calcul de la part variable de la rémunération des dirigeants, et de discuter régulièrement sur les indicateurs et sur leur pondération.

Le comité RSE doit à la fois se demander si l’entreprise respecte ses obligations légales et si ces sujets sont vraiment considérés comme stratégiques, explique Françoise Malrieu, présidente du comité pour l’éthique, l’environnement et le développement durable de GDF Suez. En effet, pour qu’une stratégie RSE soit un succès, elle doit être au service d’une ambition stratégique et de la maîtrise des risques, avec une implication managériale au plus haut niveau, conclut Françoise Malrieu.

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