La restructuration financière d’Endemol ouvre la voie à un prochain changement de contrôle
Endemol approche progressivement du but. Le producteur d’émissions de télévision, inventeur du concept de télé-réalité, s’est félicité hier d’avoir trouvé un accord avec plus des deux tiers de ses créanciers en vue de restructurer ses 2,8 milliards d’euros de dette. «Nous pouvons désormais entrer dans la dernière ligne droite du processus», assure la direction d’Endemol qui refuse de donner plus de détails sur l’accord préliminaire trouvé. Les discussions doivent se poursuivre encore quelques semaines pour finaliser la restructuration. Elles pourraient être facilitées par la bonne tenue du chiffre d’affaires 2011, annoncé en hausse de 10% par la direction.
Selon Reuters, qui cite une source proche des négociations, les créanciers auraient accepté de renoncer aux trois quarts des sommes qui leur étaient dues en échange d’actions nouvelles. Les 2 milliards d’euros de dette concernés jusqu’à présent par l’accord tomberaient ainsi à 500 millions, répartis entre 400 millions de dette senior et une tranche junior de 100 millions, poursuit Reuters.
La répartition future du capital d’Endemol reste encore floue. Ses actionnaires actuels, Goldman Sachs, Mediaset et Cyrte, à l’origine du LBO de la société en 2007 pour 2,6 milliards d’euros, ont racheté ces derniers mois une partie de la dette d’Endemol, ce qui leur permettrait de limiter leur dilution. Providence, Apollo et RBS font également partie des principaux créanciers du producteur.
La réussite de la restructuration de l’inventeur de Loft Story en France devrait ouvrir la voie à un changement de contrôle à terme. L’an dernier, l’américain Time Warner avait proposé un milliard d’euros aux actionnaires d’Endemol pour reprendre la société. L’offre avait été refusée, la direction du groupe préférant travailler sur la restructuration de la dette. Mediaset et le fonds Clessidra ont également envisagé une offre sur Endemol. Le groupe de télévision de Silvio Berlusconi assure à lui seul environ un quart des revenus du producteur d’émissions et avait annoncé qu’il pourrait envisager de revoir à la baisse ses contrats avec Endemol.
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