La réforme des retraites va coûter 500 millions d’euros à France Télécom

Au total, l’opérateur passera 1,2 milliard d’euros de provisions pour son plan « temps partiel seniors », dont 459 millions dans les comptes 2010
Olivier Pinaud

La réforme des retraites coûte cher à France Télécom. A la suite de la modification de la loi, faisant passer de 60 à 62 ans l’âge de départ, l’opérateur en télécoms a modifié l’accord «temps partiel seniors» conclu fin 2009 avec les organisations syndicales. Cet avenant, signé juste avant Noël, vise à réintégrer dans le plan 8.000 salariés qui avaient été mécaniquement écartés par l’allongement de la durée du travail. Au total, 23.000 personnes sont éligibles à ce nouveau dispositif qui permet de réduire son temps de travail tout en touchant 65% à 80% de son salaire. Selon le groupe, 12.500 salariés devraient demander sa mise en œuvre, 2.500 de plus qu’estimé en 2009.

Conséquence, le groupe est contraint d’accroître les provisions destinées à couvrir la différence entre les salaires qui continueront à être versés aux salariés concernés et leur temps de travail effectif. Au total, 1,2 milliard d’euros seront provisionnés par France Télécom, 500 millions de plus qu’estimé en 2009. 569 millions d’euros ont été passés dans les comptes de 2009. Pour 2010, la provision s’élèvera à 459 millions, soit 3% de l’Ebitda médian attendu par le consensus. Le solde de 107 millions sera étalé entre 2011 et 2017.

Pour France Télécom, ces écritures n’entraîneront pas de sortie de trésorerie. Le groupe confirme d’ailleurs son objectif de cash flow organique de 8 milliards d’euros en 2010 et autant en 2011. Selon les analystes d’Oddo, le nombre plus important que prévu de départs de salariés à la retraite pourrait même avoir «un impact cash très légèrement positif au cours des trois prochaines années (inférieur à 40 millions d’euros par an à partir de 2012), tant que France Télécom maintient inchangé son engagement à recruter 10.000 nouveaux salariés entre 2010 et 2012».

Les analystes de Barclays Capital sont plus méfiants. Certes, les 2.500 départs potentiels à la retraite supplémentaires contribueront au plan de réduction des coûts de l’opérateur. «L’élément de base est que, en repoussant l’âge de départ à la retraite, l’Etat transfère une partie de son passif à France Télécom», indiquent les analystes qui pensent que «ce mouvement se poursuivra alors que l’espérance de vie continuera d’augmenter». Ce qui risque de peser encore quelques années sur les comptes de l’opérateur.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...