La prudence d’Ipsen pour 2012 est sanctionnée par le marché
Encore une année difficile pour Ipsen. Après l’annonce hier d’un objectif de marge opérationnelle récurrente ajustée «d’environ 15%» en 2012, le groupe pharmaceutique a chuté de 8,62% à 20,19 euros. Déception pour les analystes : ils tablaient sur une stabilité de la marge par rapport aux 17,3% affichés l’an dernier.
Ipsen invoque une moindre profitabilité de la médecine générale en France, en raison des baisses de prix imposées et du déremboursement de Tanakan à compter d’aujourd’hui. Les ventes de ce médicament devraient reculer de 35% en France en année pleine. Soit un manque à gagner de 16 millions d’euros de chiffre d’affaires. Ces baisses en France auront un impact de 300 à 400 points de base sur la marge opérationnelle récurrente ajustée du groupe en 2012, prévient Ipsen. Toutefois, cet effet sera en partie compensé par la médecine générale à l’international et par la médecine de spécialité (65% des ventes du groupe).
Le laboratoire anticipe une baisse de 15% de ses ventes de médecine générale en 2012 (+1,3% l’an dernier, dont +10% pour l’international) et une hausse de 8 à 10% du chiffre d’affaires de médecine de spécialité (+8% en 2011). Le chiffre d’affaires total «sera en croissance», assure Gilles de Garidel, PDG d’Ipsen. Sans compter la possibilité de concurrence sur Smecta, produit phare du groupe avec plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel. «On ne voit pour le moment pas de trace d’un éventuel générique», tempère Marc de Garidel.
La prochaine étape majeure sera la signature d’un accord de coentreprise pour la médecine générale en France. «On espère proposer quelque chose avant la fin du deuxième trimestre», vers juin, confie Marc de Garidel, PDG d’Ipsen. Le laboratoire attend de son futur partenaire un savoir-faire dans l’automédication (OTC) et éventuellement un portefeuille de nouveaux produits à lancer. Ipsen est en «discussions avancées» avec deux acteurs. Le laboratoire ne cache pas que la constitution de cette coentreprise pourrait entraîner des charges de restructuration supplémentaires…
En 2011, les charges de restructuration et les dépréciations d’actifs ont entraîné une chute de 41% du résultat opérationnel à 76 millions d’euros. Le résultat opérationnel ajusté progresse néanmoins de 9,6% à 201 millions, tandis que contrairement aux attentes, le groupe se maintient dans le vert avec un résultat consolidé de 0,9 million (-99%).
Plus d'articles du même thème
-
L’obligataire renoue avec un plus haut de deux ans dans le Panel Allocation
Cette classe d’actifs pèse de nouveau 45% dans les portefeuilles, tandis que les actions reculent à 49% et les actifs alternatifs à 4%. -
Fitch abaisse la perspective de la France
Dans une décision surprise intervenue vendredi soir en dehors du calendrier habituel, l'agence de notation indique ne pas croire à une réduction du déficit en 2027. -
Gare au short squeeze
Retrouvez comme chaque semaine l'analyse du marché des changes de DeftHedge.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Think againLe pouvoir d’achat, le vrai, le faux et le long terme
Comme la France sans croissance n’a plus les moyens, la solution que les extrêmes font miroiter (encore des aides) n’est plus possible -
Foire d'empoigneQui payera pour sauver la nature ? A la COP Biodiversité, des avancées timides sur le financement
La COP17 sur la biodiversité s’est achevée samedi matin à Erevan, en Arménie. Malgré des discussions compliquées, plusieurs jalons ont été posés -
Des milliers de « docteurs juniors » catapultés dans les déserts médicaux
Des étudiants en médecine générale doivent désormais valider une 10e année, qu'ils passeront dans des zones sous-dotées. Ils sont près de 3 000 à faire leur rentrée lundi