La montée en puissance des énergies renouvelables
Neuf grands marchés de l’énergie dans le monde ont porté à un niveau élevé la part de l’éolien et du solaire dans leur énergie, tout en assurant la sécurité de leur approvisionnement, selon une nouvelle étude de l’Institute for energy economics and financial analysis. « Ils offrent des exemples incontestables de la très rapide évolution de la production d’électricité », indiquent les auteurs du rapport.
Intitulé « Power-industry transition, here and now », le rapport présente des études de cas au Danemark, Australie (sud), Uruguay, Allemagne, Irlande, Espagne, Etat-Unis (Texas, Californie), Inde (Etat du Tamil Nadu).
En effet, ces 9 cas affichent déjà une part des renouvelables variables dans la production électrique comprise entre 14% et 53%, contre une moyenne mondiale de 5%, tout en bénéficiant de réseaux stables et fiables, comme en témoigne leur bon score SAIDI (« System average interruption duration index », indicateur standard de fiabilité des réseaux), à l’exception peut-être de l’Uruguay, dont le score est toutefois équivalent à celui d’autres pays au revenu par tête équivalent comme la Croatie (cf p.41).
Les approches mises en œuvre pour développer les renouvelables variables et assurer la stabilité du réseau sont aussi diverses que les profils. Ainsi, au Danemark, en Espagne et en Uruguay, le développement des renouvelables non variables (hydraulique, géothermie, biomasse, CSP) permet d’équilibrer la production (cf p.13).
Au Danemark (53%), les agrégateurs d’électricité éolienne sont chargés d’exploiter la réponse de la demande, et doivent s’engager sur leur production future, en mettant à contribution l’ensemble de leur portefeuille d’approvisionnement, et seront pénalisés s’ils ne tiennent pas leurs engagements (cf p.30).
L’Australie Méridionale s’assure 48% de son électricité par les renouvelables variables, en développent le stockage sur batteries avec l’aide de Tesla (cf p.24) et en exploitant les possibilités offertes par la réponse à la demande.
L’Uruguay est passé de 1% de solaire et d’éolien en 2013 à 32 % en 2017, en utilisant la complémentarité entre le solaire et l’éolien pour lisser la production, l’hydraulique pour équilibrer le réseau, et ses interconnexions avec le Brésil et l’Argentine en dernier ressort.
Les données sur les pannes d’énergie indiquent que les principales villes, dans les études de cas à l’échelle nationale, n’ont pas rencontré de problèmes de réseaux. Au contraire, ces données indiquent qu’elles comptent parmi les réseaux électriques mondiaux les plus robustes et qu’elles performent mieux que leurs paires.
Quant à la France, elle ne figure pas dans cette sélection de leaders.
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