La mise en bourse géante de Glencore commence à prendre forme
Plus de 60 milliards de dollars de capitalisation boursière, une levée de fonds estimée à 16 milliards et plusieurs centaines de millions de commissions pour les banques. Pas encore confirmé par Glencore, le projet d’introduction en Bourse du géant suisse des matières premières fait déjà tourner toutes les têtes. Si elle va à son terme, probablement à Londres mais aussi à Hong Kong, il s’agirait de la plus importante entrée en bourse d’un européen depuis celle d’Enel en 1999. Le producteur italien d’électricité avait levé 16,6 milliards de dollars.
Présent dans les métaux et les minéraux (nickel, zinc…), l’énergie (gaz, charbon…) et les matières premières agricoles (blé, riz, sucre…), Glencore a dégagé en 2009 (derniers chiffres annuels communiqués) 106,4 milliards de dollars de revenus, après 152 milliards en 2008. Son bénéfice net s’élevait à 2,7 milliards, soit 2 milliards de moins qu’un an auparavant. Mais avec la reprise, et la remontée du prix des matières premières, le chiffre d’affaires a vivement rebondi en 2010 : + 55% au premier semestre, à 70 milliards de dollars. Du coup, son excédent brut d’exploitation est passé de 1,5 milliard à 2,6 milliards, tandis que le bénéfice gagnait 42% à 1,56 milliard. Sa participation de 34% au capital de Xstrata représente 23 milliards de dollars.
L’ouverture du capital de Glencore, à laquelle pourraient prendre part plusieurs fonds souverains, dont celui du Qatar qui a officiellement reconnu son intérêt hier, aurait deux objectifs. D’une part, permettre aux actionnaires actuels ou aux détenteurs d’obligations convertibles de monétiser leurs participations. Le groupe avait en effet émis fin 2009 pour 2,2 milliards de dollars d’obligations convertibles, opération à laquelle avaient notamment participé BlackRock, le fonds souverain de Singapour ou le chinois Zijin Mining Group. Ce dernier a indiqué hier qu’il profiterait de l’IPO pour convertir ses obligations.
D’autre part, les fonds levés renforceraient le bilan du groupe. Au 30 juin 2010, sa dette s’élevait à 13,6 milliards de dollars, ce qui, compte tenu de ses flux financiers, lui permettait de respecter ses conventions bancaires, assure Glencore. Pour autant, ses capacités d’investissement sortiraient renforcées après une IPO, notamment pour réaliser des acquisitions, et pourquoi pas celle de Louis Dreyfus. La dette du groupe est notée BBB- par S&P, avec une perspective stable, et Baa2 (négative) par Moody’s.
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