La marge d’exploitation d’Alcatel-Lucent déçoit le marché
Le rebond marqué du chiffre d’affaires d’Alcatel-Lucent, après neuf trimestres d’affilée de recul, n’a pas suffi à convaincre les marchés déçus par une marge d’exploitation ajustée inférieure aux attentes. L’action a ainsi chuté de 7,9% à 1,33 euros hier à Paris. La croissance des équipements IP, des réseaux mobiles et des services associés a conduit à une hausse séquentielle des ventes de 6,8% à 4,07 milliards d’euros (+10,5% en rythme annuel), bien que la pénurie de composants ait pesé sur l’activité optique. Alors qu’une perte était anticipée, le groupe a renoué avec un bénéfice net publié de 25 millions, dont 18 millions de gains exceptionnels liés à la modification de plans de retraite.
La marge brute de 33,8% recule en revanche de 2,3 points d’un trimestre sur l’autre à cause d’un « double effet négatif du mix-produits (moindre contribution des logiciels aux Etats-Unis) et du mix-géographique (rebond de l’Inde et de la Chine)», commentent les analystes d’Oddo Securities. Malgré une baisse séquentielle de 2,4 % des dépenses, le résultat d’exploitation ajusté de 61 millions est largement inférieur aux 91 millions prévus par les analystes. Cela correspond à une marge de 1,5 % contre un consensus à 2,4%.
La forte hausse du BFR, destinée à préparer « une augmentation séquentielle significative des ventes au quatrième trimestre», a largement contribué au cashflow libre négatif de 273 millions enregistré sur le trimestre. Le groupe est donc retombé en situation d’endettement net à hauteur de 190 millions d’euros, contre une trésorerie nette de 107 millions au 30 juin. Le déficit comptable des fonds de pension a pour sa part diminué de 400 millions en trois mois à 1,4 milliard, grâce à l’évolution favorable des actifs qui a compensé la baisse du taux d’actualisation retenu.
Alcatel-Lucent prévoit toujours une croissance de 0 à 5% du marché des équipements télécoms en 2010. «L’excellence opérationnelle et la simplification de la complexité de notre organisation restent un objectif clé afin de mieux convertir la croissance de nos revenus en profits et trésorerie», a déclaré le directeur général Ben Verwaayen. Le chemin à parcourir semble encore long puisque le groupe, qui maintient son objectif d’une marge d’exploitation ajustée comprise entre 1 et 5%, ne compte plus parvenir à un cash-flow libre équilibré pour l’ensemble de l’exercice.
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