La marée noire pollue encore les résultats trimestriels de BP
Si BP a mis un terme cet été à la marée noire dans le Golfe du Mexique, il n’en a pas encore fini avec ses répercussions financières. Son bénéfice trimestriel, calculé hors impact de la variation des stocks, a plongé de 63% à 1,85 milliard de dollars en raison d’une charge supplémentaire avant impôts de 7,7 milliards à fin septembre, correspondant «au retard pris pour mettre en marche le puits de secours, aux dépenses de décontamination ainsi qu’aux frais administratifs et juridiques liés aux procédures de dédommagement». Le pétrolier britannique a relevé de près de 24% son estimation du coût total de la catastrophe à 39,9 milliards de dollars contre 32,2 milliards anticipés jusqu’ici.
Hors exceptionnels, son bénéfice net a progressé de 18% à 5,53 milliards, largement au-dessus du consensus de 4,6 milliards. Le groupe a profité d’un taux d’imposition effectif plus faible (25% contre 29% un an plus tôt) et d’une hausse d’un tiers des résultats de son activité de raffinage. Contrairement à celle de ses principaux concurrents, sa production d’hydrocarbures, pénalisée par les effets de la marée noire, «a baissé de 4% à 3,76 millions de barils équivalent pétrole par jour» d’une année sur l’autre. «Le résultat sous-jacent n’est pas de bonne qualité», juge Oswald Clint, analyste chez Sandford Bernstein.
BP a par ailleurs transmis à Anadarko et Mitsui, ses partenaires sur le puits en cause, une facture respective de 2,4 et 1,9 milliards de dollars à titre de contribution au coût de la marée noire. Ces derniers n’ont cependant pas l’intention de le payer tant que l’enquête en cours sur les responsabilités de chacun n’aura pas abouti. En cas de négligence grossière prouvée de la part de BP, celui-ci pourrait être condamné à payer seul les 40 milliards de dollars plus des amendes fédérales d’environ 17,5 milliards.
Stable d’une année sur l’autre à 26,4 milliards, l’endettement net du groupe devrait être compris entre 10 et 15 milliards à fin décembre 2011. BP précise avoir engagé à ce jour «14 milliards de cession d’actifs sur un maximum de 30 milliards prévu d’ici à fin 2011». Il souligne que «le montant des investissements pour 2011, en cours d’examen, devrait être supérieur aux 18 milliards initialement projetés». Sensibles à la confirmation d’une reprise du dividende début 2011, les investisseurs ont fait gagner au titre 1,80% à 431,65 livres.
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