La Mancha constitue un second filon de trésorerie pour Areva
Il n’y a pas que le nucléaire dans la vie d’Areva. Le groupe exploite depuis les années 1980 quatre mines d’or: deux en Australie, une au Soudan et une en Côte-d’Ivoire. Créée pour maintenir un savoir-faire minier au sein du groupe en période de dépression du marché de l’uranium, la division s’est progressivement développée et a été fusionnée en 2006, à l’occasion d’un «reverse take-over», avec la junior canadienne La Mancha qui possède des permis d’exploration notamment en Argentine.
Areva détient encore 63% du capital, le solde étant coté à la Bourse de Toronto. Mais cette participation n’est plus stratégique pour le groupe de nucléaire qui réfléchit à une cession partielle ou totale de son bloc. L’opération pourrait passer par la mise en Bourse d’une partie des titres La Mancha à Paris, notamment pour profiter de l’engouement des épargnants pour l’or. La mine aurifère capitalise actuellement 363 millions de dollars canadiens, soit environ 260 millions d’euros. Le gain potentiel pour Areva s'élèverait à 164 millions d’euros en cas de sortie totale à ces niveaux.
«Je ne connais pas les projets d’Areva», a assuré Dominique Delorme, le PDG de La Mancha, vendredi, lors d’un déjeuner avec des investisseurs. Mais ce dernier, qui a toujours travaillé au pôle minier du groupe de nucléaire, reconnaît qu’une sortie d’Areva via le marché permettrait d’améliorer la liquidité du titre.
Avec une production de 135.000 onces d’or en 2011, La Mancha reste junior sur le marché du métal précieux. Mais avec ses projets au Soudan, la mine espère accroître de plus de 150% sa production d’ici à 2015, ce qui lui permettrait d’entrer dans une nouvelle catégorie. Et d’améliorer sa valorisation, espère Dominique Delorme. Selon lui, la capitalisation actuelle, à laquelle il faut retrancher 100 millions de dollars de trésorerie nette pour aboutir à la valeur d’entreprise, ne tient compte que des deux mines australiennes. Elle ne représente que 2,2 fois le cash-flow de la société, soit quasiment trois fois moins que la moyenne du secteur.
Bloqués par la scission du Soudan, les projets dans ce pays pourraient prendre encore quelques mois avant d’être lancés. Ils nécessiteront plus de 400 millions de dollars d’investissements. Une somme qu’Areva aurait peu d’intérêt à supporter, même partiellement, en pleine gestion de la crise du nucléaire.
Plus d'articles du même thème
-
Volkswagen songe à supprimer jusqu’à 100.000 emplois dans le monde
La refonte du groupe automobile, qui toucherait l’ensemble de ses marques, entraînerait des réductions supplémentaires de coûts et des investissements révisés à la baisse. -
Le tribunal arbitral apporte un premier soulagement à Scor dans l'affaire Covéa
Par une décision rendue jeudi 25 juin, le tribunal arbitral met un terme à près de quatre ans de conflit entre Scor et Covéa portant sur des accords de rétrocession en réassurance vie. Une avancée pour le réassureur dont le cours de Bourse avait souffert de l’affaire, mais pas la fin de l’histoire. D’autres procédures liées sont encore en cours. -
Les fonds Obligations Euro toutes maturités à la loupe #172
La tendance baissière se poursuit sur ces fonds avec une moyenne des performances sur douze mois de +1,91%.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
Contenu de nos partenaires
-
Où se rafraîchir à Paris et ses alentours ? Notre sélection de piscines
Du padel flottant sur le lac de l'Abbaye des Vaux-de-Cernay à la piscine confidentielle du Shangri-La Paris, en passant par "La Piscine" éphémère du Hoxton dans le Sentier, la rédaction a recensé quelques adresses qui ouvrent leurs bassins à la journée pour échapper aux pics de chaleur estivaux. -
« Un vote historique » : comment Zohran Mamdani a réussi à geler les loyers à New York
Jeudi soir, une commission de la Ville a voté le gel des loyers des logements régulés. Un vote historique sur une promesse de campagne du maire démocrate, mais controversé -
Pourquoi le gouvernement reporte l'examen du projet de loi « Etat local »
Face à l’opposition des élus locaux et des experts, le gouvernement de Sébastien Lecornu recule sur un transfert inédit de fonctionnaires à l’autorité préfectorale