La Mancha constitue un second filon de trésorerie pour Areva

La participation de 63 % au capital de cette petite mine aurifère n’est plus stratégique pour le groupe. Une mise en Bourse à Paris n’est pas exclue
Olivier Pinaud

Il n’y a pas que le nucléaire dans la vie d’Areva. Le groupe exploite depuis les années 1980 quatre mines d’or: deux en Australie, une au Soudan et une en Côte-d’Ivoire. Créée pour maintenir un savoir-faire minier au sein du groupe en période de dépression du marché de l’uranium, la division s’est progressivement développée et a été fusionnée en 2006, à l’occasion d’un «reverse take-over», avec la junior canadienne La Mancha qui possède des permis d’exploration notamment en Argentine.

Areva détient encore 63% du capital, le solde étant coté à la Bourse de Toronto. Mais cette participation n’est plus stratégique pour le groupe de nucléaire qui réfléchit à une cession partielle ou totale de son bloc. L’opération pourrait passer par la mise en Bourse d’une partie des titres La Mancha à Paris, notamment pour profiter de l’engouement des épargnants pour l’or. La mine aurifère capitalise actuellement 363 millions de dollars canadiens, soit environ 260 millions d’euros. Le gain potentiel pour Areva s'élèverait à 164 millions d’euros en cas de sortie totale à ces niveaux.

«Je ne connais pas les projets d’Areva», a assuré Dominique Delorme, le PDG de La Mancha, vendredi, lors d’un déjeuner avec des investisseurs. Mais ce dernier, qui a toujours travaillé au pôle minier du groupe de nucléaire, reconnaît qu’une sortie d’Areva via le marché permettrait d’améliorer la liquidité du titre.

Avec une production de 135.000 onces d’or en 2011, La Mancha reste junior sur le marché du métal précieux. Mais avec ses projets au Soudan, la mine espère accroître de plus de 150% sa production d’ici à 2015, ce qui lui permettrait d’entrer dans une nouvelle catégorie. Et d’améliorer sa valorisation, espère Dominique Delorme. Selon lui, la capitalisation actuelle, à laquelle il faut retrancher 100 millions de dollars de trésorerie nette pour aboutir à la valeur d’entreprise, ne tient compte que des deux mines australiennes. Elle ne représente que 2,2 fois le cash-flow de la société, soit quasiment trois fois moins que la moyenne du secteur.

Bloqués par la scission du Soudan, les projets dans ce pays pourraient prendre encore quelques mois avant d’être lancés. Ils nécessiteront plus de 400 millions de dollars d’investissements. Une somme qu’Areva aurait peu d’intérêt à supporter, même partiellement, en pleine gestion de la crise du nucléaire.

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