Les difficultés s’enchaînent pour Airbus qui chute en Bourse
Le mois de décembre débute mal pour Airbus. Déjà pénalisé par une faille de logiciel touchant la moitié des A320 en opération, l’avionneur ferait face à des problèmes de qualité qui risquent de mettre à mal son objectif de livraisons annuelles.
Vendredi, Airbus avait demandé à ses clients d’immobiliser de nombreux A320 nécessitant une mise à jour des logiciels embarqués après qu’une analyse d’un incident ayant eu lieu fin octobre concernant un appareil A320 avait révélé qu’un rayonnement solaire intense pouvait corrompre des données essentielles au fonctionnement des commandes de vol.
L’avionneur Airbus a finalement annoncé lundi que la grande majorité des quelque 6.000 appareils A320 qui avaient été immobilisés vendredi pour une mise à jour logicielle avaient reçu les modifications nécessaires. Le groupe a précisé collaborer avec ses compagnies aériennes clientes pour faciliter la modification des moins de 100 appareils restants, afin d’assurer leur remise en service.
Impact limité
Pour les analystes d’AlphaValue, Airbus «devra vraisemblablement verser des compensations aux compagnies aériennes» et il existe «un risque potentiel en termes de perception» de la fiabilité de l’entreprise. Ils estiment néanmoins que les conséquences de cette défaillance sont «probablement moins importantes qu’initialement redouté» et la décision de l’avionneur d’appliquer immédiatement une correction «pourrait en fait renforcer la perception d’Airbus comme étant l’entreprise la plus sûre».
Les spécialistes de Deutsche Bank font un constat similaire. Selon eux, le fait que seuls 100 appareils nécessitent encore une intervention est «un soulagement significatif». Ils estiment en outre que deux éléments positifs pourraient émerger de cette affaire. Selon les analystes, «la réponse massive et coordonnée à la campagne de rappel démontre la réactivité du réseau de support de l’A320» tandis qu’Airbus «a fait preuve d’un leadership clair en donnant la priorité à la sécurité, malgré le risque potentiel de perturbations massives du trafic durant le week-end de Thanksgiving».
«Nous ne prévoyons pas d’impact financier significatif», a pour sa part déclaré lundi un porte-parole d’Airbus à l’agence Agefi-Dow Jones. «Nous maintenons nos objectifs de fin d’année», a-t-il ajouté, alors que le groupe est lancé dans un sprint intense pour atteindre sa cible d’environ 820 livraisons d’avions en 2025.
Un objectif difficile à atteindre
La capacité du groupe à atteindre cet objectif est toutefois mise en doute par des informations de presse ce lundi. En fin de matinée, Reuters a révélé que le groupe aurait découvert un problème de qualité industrielle affectant les panneaux de fuselage de plusieurs dizaines d’appareils de la famille A320. Citant des sources du secteur, l’agence de presse précise que ce défaut retarderait certaines livraisons mais que rien n’indiquerait pour le moment qu’il concernerait des appareils déjà en service.
Selon les mêmes sources, Airbus aurait par ailleurs livré 72 appareils en novembre, portant le total à 657 depuis le début de l’année, ce qui obligerait le groupe à atteindre un niveau de production record de plus de 160 avions en décembre pour atteindre son objectif annuel.
En réaction à ces éléments, l’action du constructeur aéronautique a perdu jusqu'à 10% à la Bourse de Paris lundi avant de clôturer sur un repli de 5,8%. Après avoir limité la baisse à environ 3% une bonne partie de la matinée, elle a creusé ses pertes en réaction aux révélations de Reuters, peu après 11h30. A 192,6 euros, le titre est retombé à son niveau de septembre dernier.
(Avec Agefi-Dow Jones)
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