La lutte d’influence entre Pfizer et AstraZeneca s’intensifie devant le Parlement britannique
Le directeur général de Pfizer, Ian Read, a fait l’objet hier d’une audition pour le moins mouvementée devant le Parlement britannique. S’il a réitéré son engagement de conserver 20% des effectifs globaux de R&D sur le sol britannique, il a admis que le rachat d’AstraZeneca conduirait à des réductions d’emplois. Pressé de fournir davantage de détails à ce sujet, il a répondu ne pas être en mesure de s’engager «sur les dépenses pays par pays à cet instant».
Le dirigeant a présenté son offre comme la meilleure parade possible à la perte de revenus liée à l’expiration à venir de plusieurs brevets chez AstraZeneca, en soulignant que celui-ci «avait diminué ses effectifs britanniques de 40%». Le directeur général d’AstraZeneca, Pascal Soriot, a de son côté mis en avant le risque d’un retard dans la sortie de nouveaux médicaments consécutif à une fusion motivée par des considérations essentiellement fiscales. Il a cependant ajouté que son conseil d’administration aurait l’obligation d’examiner une offre «qui valoriserait correctement la société et qui serait applicable sans risque exécutoire».
«Ce que nous avons observé lors de précédentes acquisitions de Pfizer, c’est une baisse des investissements, des réductions d’effectifs et, pour parler clairement, un dépouillement des actifs», a résumé devant la BBC Adrian Bailey, membre du Parti travailliste et président de la commission parlementaire chargée d’entendre les patrons des deux sociétés.
Cette OPA potentielle inquiète aussi la Suède, échaudée par «l’expérience négative» vécue après l’acquisition en 2003 par Pfizer du laboratoire Pharmacia, selon les propos du Premier ministre Fredrik Reinfeldt. Issu de la fusion entre le britannique Zeneca et le suédois Astra en 1999, AstraZeneca compte quelque 5.900 salariés en Suède sur un total de 51.500. Or Stockholm n’a reçu aucune assurance de Pfizer concernant le maintien de l’emploi sur le site de R&D d’AstraZeneca situé à Moelndal.
Le projet suscite enfin des remous aux Etats-Unis, suite à une lettre envoyée en début de semaine par Ian Read aux gouverneurs du Maryland et du Delaware. Il estime dans ce courrier qu’il est trop tôt pour déterminer l’impact de la transaction sur l’emploi et l’activité du groupe dans ces deux Etats, où travaillent 5.700 salariés d’AstraZeneca.
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