La justice planche sur le droit des obligations convertibles
Le dossier CGG n’est pas totalement refermé. Même si le plan de sauvegarde du groupe de services parapétroliers a obtenu toutes les autorisations nécessaires pour être mis en œuvre, un litige subsiste : celui du traitement des obligations convertibles échangeables en actions nouvelles ou existantes (Oceane).
Jugé non recevable en première instance en décembre 2017, le recours déposé par plusieurs détenteurs d’Oceane est actuellement entre les mains des magistrats de la cour d’appel de Paris. Les plaidoiries ont lieu aujourd’hui avant un arrêt attendu dans les prochaines semaines.
Schelcher Prince Gestion, HMG Finance, La Financière de l’Europe et Delta AM ainsi que certains autres porteurs, individuels et sociétés de gestion, contestent depuis sa rédaction le plan de restructuration de la dette de CGG. Selon ces plaignants qui totalisent plus de 20% des 325 millions d’euros d’Oceane, non seulement le plan compromet la pérennité de la société, mais il ne traite pas de manière équitable les porteurs de dette high yield et les détenteurs d’Oceane, bien que les deux catégories de créanciers aient participé au même comité de crédit (lire L’Agefi Hebdo du 28 septembre 2017). Le poids des high yield étant trois fois supérieur à celui des convertibles (1,5 milliard de dollars, contre 400 millions), la voix des Oceane n’a pas porté lors du vote.
«Nous sommes en face d’un abus de majorité de la part des créanciers high yield, dont s’est servi l’administrateur judiciaire pour faire adopter le plan de sauvegarde», plaide David Malamed, associé chez Desfilis et avocat des sociétés de gestion à l’origine du recours. Les plaignants ont chiffré le préjudice entre 120 et 160 millions de dollars.
Mais au-delà de cette somme, c’est le droit des Oceane qui est remis en cause selon eux. La documentation spécifiait que ces obligations étaient de même rang que la dette high yield, rappelle David Malamed. Le traitement différencié a été justifié par les garanties dont disposent les titres high yield. Or, selon les plaignants, la valeur des 14 filiales américaines apportées en garantie et sous chapter 11 aux Etats-Unis ne couvrait pas le montant de la dette. Cela ne justifiait donc pas le traitement préférentiel des créanciers high yield.
«Cette notion de valorisation dans le cadre d’une restructuration est une première pour le droit français», appuie David Malamed, en attendant que la directive européenne de 2016 sur les faillites, qui établit des règles claires de classement entre créanciers en fonction de la valeur restante, soit transposée dans le droit français.
Plus d'articles du même thème
-
Pascale Auclair et Julien Granotier rejoignent la Commission des sanctions de l’AMF
Ils remplacent Frédéric Bompaire et Sophie Schiller, à raison de leur compétence financière et juridique. -
Altaroc se diversifie dans l'ingénierie patrimoniale
La plateforme donnant accès au private equity pour les particuliers lance Altaroc Wealth et recrute pour l'occasion Pierre Ferron, un ancien du département d'ingénierie patrimoniale d'Edmond de Rothschild. -
La SLP spéciale : le véhicule français qui coche enfin toutes les cases sur la scène internationale ?
Dans une tribune pour L’Agefi, Thibault Dupont-Nougein, avocat associé, et Maxime Tillon, juriste chez Hogan Lovells Cadwalader, font le point sur la société de libre partenariat spéciale, deux ans après son introduction par l'ordonnance du 3 juillet 2024. Un véhicule qui trouve progressivement sa place au sein de l’arsenal juridique et fiscal du capital-investissement français.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
Très chers voisinsL’Italie, victime collatérale de la crise obligataire française
Rome n’a pas le problème budgétaire de Paris, mais la profondeur de son marché et le poids de sa dette en font un canal naturel de transmission du choc que peut déclencher la France -
InterviewJean-Pierre Farandou : « Nous allons prélever 2 milliards d'euros sur l'Unédic »
Le ministre du Travail défend le budget du gouvernement présenté jeudi. Il annonce aussi une nouvelle ponction du régime de l'assurance-chômage et précise les contours de la négociation sur les arrêts de travail, en cours de lancement -
Petit dernier« 18 propositions du GIEC sur 25 sont favorables à la croissance » : Ecologie & solutions, un nouveau think tank issu du monde de l’entreprise
Fondé par une dizaine de dirigeants et entrepreneurs ayant notamment participé à la création de CroissancePlus et Croissance Responsable, Ecologie & solutions développera une vision pragmatique et positive de la transition