La hausse du dollar ne favorisera pas seulement les valeurs cycliques en Europe
Le renforcement du dollar face à l’euro visible depuis le mois de juin devrait perdurer, juge le bureau d’analyse d’Oddo Securities en se référant au découplage des politiques monétaires lié aux écarts de croissance des deux côtés de l’Atlantique. Il est rejoint par Kepler Cheuvreux qui table sur un reflux de la monnaie unique de 1,32 actuellement à 1,30 dollar d’ici fin 2014, puis jusqu’à 1,20-1,25 dollar d’ici septembre 2015. Ce mouvement graduel «devrait réduire la pression sur les secteurs industriels cycliques et les valeurs financières» en Europe, poursuit ce dernier, en soulignant que cet ajustement «ne permet pas de restaurer une perte de compétitivité internationale due à une hausse des coûts internes».
Si l’industrie aéronautique est traditionnellement influencée par la volatilité des changes, «les titres les plus exposés au risque de transaction comme Airbus et Safran maintiennent des taux de couverture élevés par rapport aux autres», relèvent les analystes d’Oddo. L’allemand MTU Aero Engines et le français Zodiac sont à court terme les plus sensibles à ces fluctuations, une variation de 10% de la parité euro/dollar ayant un impact de 7% sur leur bénéfice par action (BPA) en 2015. Parmi les autres valeurs industrielles se détache Vallourec avec un effet combiné de conversion et de transaction d’au moins 10% sur son BPA l’an prochain, ainsi qu’Alcatel-Lucent avec un impact estimé à 6,5%.
Selon Oddo, une appréciation de 10% du billet vert contre l’euro augmenterait de 6 à 7% le BPA de Publicis, très présent dans l’achat d’espace publicitaire aux Etats-Unis, contre un effet positif limité à 4% chez Havas. Dans la finance, le néerlandais Aegon semble le plus exposé avec 70% de son bénéfice d’exploitation tiré de son activité américaine d’assurance-vie. Une hausse de 10% du dollar contre l’euro aurait un effet favorable d’environ 6,5% sur son BPA, le groupe «tirant également parti de la hausse des taux longs attendue outre-Atlantique».
Hors secteurs cycliques, les distributeurs Ahold et Delhaize sont particulièrement sensibles au billet vert puisqu’ils réalisent respectivement 59% et 62% de leur chiffre d’affaires aux Etats-Unis. Une appréciation de 10% du dollar face à l’euro se traduirait donc par un impact positif de 6% sur le BPA du groupe néerlandais et de 7% sur celui de son homologue belge, les deux groupes bénéficiant d’une légère amélioration du contexte concurrentiel sur le marché américain.
Plus d'articles du même thème
-
La victoire de Lula fait vaciller les marchés brésiliens
Le président brésilien sortant a battu Flavio Bolsonaro à la surprise générale avec 51,8% des suffrages. Les investisseurs avaient parié sur la victoire du fils de l’ancien président, plus pro-marché. Le real chute de 9% face au dollar et la Bourse de 14%. -
Les entreprises payent plus cher leurs émissions obligataires
Les transactions ont repris la semaine passée sur le marché primaire euro. La demande est là mais exige d'être rémunérée pour un niveau de risque jugé plus élevé. -
Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Le géant américain de la technologie veut continuer à réduire ses effectifs. Il propose un plan de départ volontaire à plus d'un quart de ses salariés. Seuls les Etats-Unis, le Canada, l'Inde et le Royaume-Uni sont concernés.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
Contenu de nos partenaires
-
IdiocratieParcoursup ou le tabou français de la sélection
Le gouvernement promet de réformer Parcoursup en 2027 avant de remplacer la plateforme en 2028. Derrière la mobilisation lycéenne, une bataille plus profonde se joue : celle de la sélection et de la valeur des diplômes -
Victoire à la PyrrhusBrésil : pourquoi le nouveau mandat de Lula s'annonce difficile
Le président brésilien de gauche peut se réjouir de sa spectaculaire remontada mais la forte progression du nombre de parlementaires bolsonaristes devrait compliquer son mandat -
EditorialVive la sélection à l’université !
Dans une société qui postule la singularité de chaque individu, la sélection ne peut pas ne pas exister. Et ce n’est pas une mauvaise chose