La hausse des coûts fournisseurs inquiète de plus en plus les patrons de PME
Près d’une PME sur deux a dû réduire ses marges l’an dernier pour préserver son chiffre d’affaires, particulièrement dans l’industrie (56%) et le BTP (54%). Tel est le constat de la dixième édition du baromètre de KPMG et de la CGPME sur le financement et l’accès au crédit des PME, réalisé fin mai.
En effet, la variation de leur chiffre d’affaires et du prix des matières premières a affecté fortement le résultat avant impôts des deux tiers des PME. En revanche, celle des délais de paiement et des stocks a eu un impact important pour seulement 44% et 25% des 400 dirigeants de PME sondés. Si 38% des sociétés ont enregistré une progression de leur résultat en 2010, 31% l’ont vu diminuer et 29% affichent une stabilité.
La hausse des coûts ou des prix fournisseurs demeure la principale préoccupation des directions des PME – particulièrement dans l’industrie et le BTP – et de plus en plus. Ils sont désormais 69% à l’invoquer, contre 51% fin 2010 et 29% en juin 2009. Toutefois, la baisse du chiffre d’affaires n’est plus une inquiétude majeure que pour 36% des sociétés, tandis que les difficultés avec les assureurs-crédit semblent résolues.
La confiance revient même progressivement depuis le début de l’année. Seuls deux tiers des PME se disent inquiètes pour l’économie française, le niveau le plus bas depuis la création du baromètre en février 2009, où 87% des patrons se disaient inquiets. Signe de ce regain d’optimisme, les besoins en financements d’investissement croissent, tant pour le matériel et les locaux, que pour les équipements (automobile, informatique, etc.).
D’ailleurs, seulement un dirigeant sur cinq estime que la situation économique a un effet négatif sur ces conditions d’accès au crédit, contre un sur trois un an auparavant. Aussi, ils ne sont plus que 23% à restreindre leurs demandes de crédit, contre 43% en juin 2010.
Autre bonne nouvelle pour les banquiers, la grande majorité des dirigeants interrogés ne veulent pas aller dans une banque concurrente (56%), ni réexaminer leurs lignes de crédit (67%). Et pourtant, ces patrons de PME déclarent que leurs banquiers ont durci leurs conditions de financement : frais élevés, montants prêtés plus faibles que souhaité, et réduction des facilités de trésorerie !
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