La gouvernance de Renault est plus que jamais en question
Quel avenir pour Carlos Ghosn à la tête de Renault? Alors que la plainte pour espionnage du constructeur automobile à l’encontre de trois de ses cadres semble perdre de la consistance de jour en jour, la gouvernance de Renault est de nouveau mise en question.
Pour l’heure, le constructeur maintient sa position, bien que les cadres concernés aient porté plainte pour dénonciation calomnieuse ou diffamation, et que la thèse d’une manipulation soit envisagée par la justice. Les langues se déliant, un ancien directeur marketing du groupe a récemment déclaré qu’il avait été licencié il y a deux ans, victime d’une manipulation. «Comment peut-on mener les affaires intérieures d’un grand groupe industriel dans un tel climat de suspicion?», s’interroge un spécialiste de la gouvernance. «La position très tranchée de Carlos Ghosn ne facilite pas sa position», ajoute un autre acteur de marché. En effet, le PDG de Renault affirmait fin janvier disposer de «multiples certitudes». Pour autant, «je serais surpris que Carlos Ghosn démissionne, confie un expert de la gouvernance. Dans le passé, il s’était déjà engagé à démissionner s’il ne respectait pas ses objectifs. Les objectifs n’ont pas été remplis, mais il est resté en place. Aussi, je ne pense pas qu’il changera d’attitude».
Toutefois, l’affaire est montée au sommet de l’Etat, avec la venue à Matignon de Patrick Pélata, directeur général délégué de Renault, en début de semaine. Aussi, une pression politique plus forte pourrait coûter sa place à l’actuel PDG de Renault. «Cette affaire constitue une nouvelle invitation à dissocier les fonctions de président et de directeur général», estime pour sa part Agnès Bazy, analyste ISR chez CM-CIC.
La gouvernance de Renault est déjà considérée à risque élevé par certains bureaux d’analyse. La communication autour de la rémunération de Carlos Ghosn inquiète les investisseurs. Celui-ci n’a pas précisé dans le rapport de gestion 2010 avoir touché l’équivalent de plus de 8 millions d’euros de rémunération de la part de Nissan Motor, en plus du fixe de 1,2 million perçu chez Renault, alors que la rémunération moyenne d’un patron du CAC 40 était de 3,1 millions d’euros en 2009, selon une étude Proxinvest. D’ailleurs, la Sicav Proxy Active Investors présentera une résolution à la prochaine assemblée générale demandant une information complète sur la rémunération de Carlos Ghosn.
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