La fuite de gaz en mer du Nord fait vaciller Total

Le champ Elgin-Franklin, dont l’activité est totalement arrêtée, représente 6% de la production mondiale du groupe et 2,6% de sa valeur d’entreprise
Olivier Pinaud

La peur d’un accident majeur comme celui de BP en 2010 dans le golfe du Mexique s’est emparée de Total hier. Confronté depuis dimanche à une fuite de gaz sur son gisement d’Elgin au large des côtes écossaises, le groupe pétrolier n’avait toujours pas réglé le problème hier. Les 238 employés de la plate-forme ont été évacués et des moyens ont été dépêchés pour surveiller l’évolution de la situation, notamment au niveau environnemental.

Mais les travaux de colmatage, dont les modalités n’ont pas été arrêtées, pourraient durer plusieurs mois, a reconnu un dirigeant de Total. En attendant, la production du gisement d’Elgin et des champs voisins Franklin et West Franklin a été totalement arrêtée.

Le cours de l’action Total a chuté de 5,96 % pour finir à 38,56 euros, faisant perdre 6 milliards d’euros de capitalisation au groupe, dans de très importants volumes. Plus de 28 millions de titres, 1,2% du capital, ont été échangés, soit quasiment cinq fois plus que la moyenne quotidienne de ces six derniers mois. Les champs d’Elgin-Franklin constituent des actifs majeurs pour Total en Mer du Nord. Le groupe avait d’ailleurs fait de ce gisement, dont les origines remontent à 1988 à l’époque d’Elf, sa «référence» dans la région. Les champs produisent en moyenne 140.000 barils équivalent pétrole par jour, soit 7% de la production du Royaume-Uni. Et représentent à eux seuls les deux tiers des volumes puisés par Total dans cette région chaque année, et quasiment 6% de la production mondiale du groupe en 2011 (2,3 millions bep/j).

Total s’est renforcé en décembre 2011 au capital d’Elgin Franklin Oil & Gas (Efog), la société qui porte la participation dans les deux champs. Afin d’en devenir l’unique actionnaire, le groupe a racheté les 22,5% que détenait GDF Suez pour une valeur d’entreprise de 590 millions d’euros, valorisant Efog plus de 2,6 milliards d’euros, soit environ 2,4% de la valeur d’entreprise de Total. Efog détient 46,2% des droits d’exploitation des deux champs, devant, entre autres, Eni (21,8%), BG International (14,1%) et E.ON Ruhrgas (5,2%).

L’impact d’un simple arrêt, même prolongé, de la production serait limité. En revanche, une dégradation incontrôlée de la situation, avec un impact lourd sur l’environnement, aurait des conséquences autrement plus coûteuses. BP a accepté de verser 8 milliards de dollars aux victimes de la marée noire du Golfe du Mexique pour régler une partie du litige.

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