La frénésie de rapprochement dans l’énergie aux Etats-Unis ne connaît pas de répit
Le principal exploitant de centrales nucléaires aux Etats-Unis, Exelon, serait selon diverses sources concordantes tout proche de mettre la main sur son concurrent Constellation Energy. Un accord entre les deux groupes pourrait être annoncé dès aujourd’hui, passant par une offre en titres valorisant la société convoitée à quelque 7,7 milliards de dollars.
Exelon serait disposé à verser aux actionnaires de Constellation 0,93 titre par action apportée. Ce qui représente une prime de 12,5% selon les cours de clôture de mercredi. Le titre Constellation gagnait près de 10% dans le cadre des transactions électroniques en soirée outre-Atlantique.
Bloomberg indique qu’une trentaine d’opérations ont d’ores et déjà été annoncées dans l’énergie aux Etats-Unis depuis le début de l’année, pour un montant de 43 milliards de dollars. Contre 37,6 milliards pour l’ensemble de l’année passée.
Hier, le directeur général d’Exelon, John Rowe, s’était refusé dans le cadre d’une conférence téléphonique à évoquer précisément l’éventualité d’un rapprochement avec Constellation. Le dirigeant avait pourtant reconnu que la consolidation était inéluctable dans le secteur et se faisait fort de conserver «autant que possible» son «sang froid» à l’étude des critères financiers. En rachetant Constellation, Exelon concrétiserait la plus importante acquisition de son histoire, deux ans après l’échec de l’assaut hostile visant NRG Energy.
Constellation (qui dispose d’une capacité de production de 12.000 mégawatts contre 32.000 pour son prétendant pressenti) détient une majorité du capital d’une coentreprise avec EDF détenant cinq réacteurs nucléaires. Le groupe français avait convenu de verser 4,5 milliards de dollars pour sceller cette union, qui avait fait échec il y a deux ans à la tentative de rachat de Constellation par MidAmerican, filiale de Berkshire Hathaway.
Pas de doute aux yeux du consultant new-yorkais Daniele Seitz, «la transaction a beaucoup de sens en termes de concentration nucléaire, du fait des économies d’échelle». En achetant des capacités de production existantes, Exelon réaliserait une bonne opération selon le consultant, car le rythme de construction de nouvelles centrales devrait nettement ralentir dans le sillage de la catastrophe de la centrale japonaise de Fukushima. NRG Energy a d’ailleurs annulé ce mois-ci un projet concernant la construction de deux nouveaux réacteurs au Texas.
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